Engagé dans un conflit armé majeur contre l’Iran aux côtés d’Israël, le président américain Donald Trump fait face à une fronde politique grandissante à Washington. Alors que le bilan humain et financier de l’offensive s’alourdit, le bras de fer constitutionnel entre la Maison-Blanche et le Congrès franchit un nouveau cap.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives en Iran, baptisées « Opération Epic Fury », entraînant notamment la mort du Guide suprême Ali Khamenei. Pour justifier cette offensive sans l’aval préalable des parlementaires, Donald Trump a invoqué l’article II de la Constitution américaine, affirmant agir en état de légitime défense face à une menace imminente.
Cependant, cette justification a été publiquement contredite par le sommet du renseignement. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), a démissionné de ses fonctions. Dans sa lettre de départ, il a déclaré que l’Iran ne posait « aucune menace imminente » et que le conflit résultait de la pression d’Israël et de son lobby américain.
Sur le terrain, la conduite des opérations suscite de graves accusations de violations du droit international. Al Jazeera rapporte qu’une enquête militaire américaine préliminaire a confirmé qu’un missile Tomahawk a frappé une école primaire pour filles à Minab, tuant plus de 160 personnes, majoritairement des enfants. D’autres frappes ont ciblé une usine de dessalement sur l’île de Qeshm, privant 30 villages d’eau potable, ainsi qu’un navire de guerre iranien torpillé dans l’océan Indien, faisant au moins 87 morts sans assistance aux survivants.
Notre rédaction note que le coût de cette guerre pèse de plus en plus lourd sur l’économie. Évaluée à 11 milliards de dollars pour ses six premiers jours, l’opération coûte désormais environ un milliard de dollars par jour aux contribuables américains. Sur le plan mondial, les marchés internationaux sont fortement perturbés, le baril de pétrole ayant largement franchi la barre des 100 dollars.
Malgré le rejet début mars par le Sénat d’une résolution visant à limiter les pouvoirs de guerre du président (53 voix contre 47), les élus de l’opposition explorent une alternative drastique. Le représentant démocrate Ro Khanna plaide pour l’utilisation du « pouvoir du porte-monnaie », consistant à bloquer tout vote de financement supplémentaire destiné aux opérations militaires. Cette tactique parlementaire avait notamment permis au Congrès de couper les vivres à l’administration de Richard Nixon pendant la guerre du Vietnam, et d’interrompre les interventions américaines au Nicaragua en 1982 et en Somalie en 1993.