Le président américain Donald Trump a décliné publiquement le déploiement de porte-avions britanniques au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient alors que le Royaume-Uni venait de placer son fleuron naval en état d’alerte dans le cadre du conflit en cours avec l’Iran.
Sur le réseau social Truth Social, Donald Trump s’est adressé directement au Premier ministre britannique Keir Starmer. En réponse à l’annonce du ministère britannique de la Défense concernant la mise en « haute préparation » du porte-avions HMS Prince of Wales, le président américain a écrit : « C’est bien, Premier ministre Starmer, nous n’en avons plus besoin — Mais nous nous en souviendrons. Nous n’avons pas besoin de gens qui rejoignent les guerres après que nous les avons déjà gagnées ! »
Cette prise de position s’inscrit dans le contexte de l’offensive lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon les données rapportées par la chaîne Al Jazeera, le conflit a déjà fait environ 1 332 morts en Iran, tandis que Washington a confirmé la perte de six de ses soldats. Les frappes de représailles de Téhéran visent plusieurs alliés des États-Unis dans la région, touchant des pays comme le Liban, les Émirats arabes unis, l’Irak et le Koweït. Notre rédaction a d’ailleurs documenté la récente neutralisation de drones visant des installations stratégiques koweïtiennes, illustrant l’étendue régionale des tensions.
L’implication de Londres dans ce conflit suscite des débats internes. Le ministère britannique de la Défense a confirmé samedi que le gouvernement avait autorisé l’armée américaine à utiliser ses bases, notamment la RAF Fairford et le site de Diego Garcia, pour des « objectifs défensifs limités ». Keir Starmer avait initialement semblé bloquer cet accès avant de s’aligner sur une déclaration commune avec la France et l’Allemagne, privilégiant des actions strictement défensives. Lundi, devant le Parlement britannique, le Premier ministre a réaffirmé que le Royaume-Uni ne participait pas aux frappes offensives américano-israéliennes.
L’opinion publique britannique reste majoritairement distante face à cette implication militaire. Un sondage Survation réalisé la semaine dernière indique que 43 % des personnes interrogées jugent cette guerre injustifiable. Par ailleurs, 56 % des sondés approuvaient la décision initiale de restreindre l’accès aux bases britanniques. Samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Londres pour réclamer l’arrêt des hostilités.
Les relations entre l’administration de Donald Trump et le gouvernement de Keir Starmer se sont nettement refroidies. Lors d’une rencontre le 3 mars avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le président américain a déclaré ne pas être « satisfait du Royaume-Uni », ajoutant à propos du Premier ministre : « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire ». Donald Trump a également fustigé la décision britannique de transférer la souveraineté des îles Chagos à l’île Maurice, qualifiant cet acte de « grande stupidité », bien que l’accord maintienne la base militaire américano-britannique sur Diego Garcia.
Ce recul diplomatique avec Londres s’accompagne d’un changement d’approche stratégique à Washington. Samedi, lors d’un sommet réunissant des dirigeants latino-américains de droite, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a salué les participants en déclarant : « À une époque où nous avons appris que souvent un allié, lorsque vous en avez besoin, peut ne pas être là pour vous, ce sont des pays qui ont été là pour nous ».