Guerre en Iran : la sortie du patron de la Bundesbank fait chuter les Bourses européennes à leur plus bas de 11 mois

Les places financières européennes ont clôturé leur dernière séance de la semaine sur une forte baisse, effaçant les légères tentatives de rebond observées en début de journée. Sous la pression des tensions au Moyen-Orient et des risques de choc énergétique liés à la guerre avec l’Iran, les marchés ont subi une vague de ventes massive dans l’après-midi, atteignant leurs niveaux les plus bas depuis onze mois.

Selon les données rapportées par l’agence Anadolu, l’indice de référence Stoxx Europe 600 a terminé en recul de 1,78 % à 573,28 points. La tendance s’est confirmée sur l’ensemble du continent : à Francfort, le DAX 40 a abandonné 2,01 % (22 380,19 points), tandis qu’à Paris, le CAC 40 a perdu 1,82 % (7 665,62 points). En Italie, le FTSE MIB 30 a cédé 1,97 % et au Royaume-Uni, le FTSE 100 a reculé de 1,44 %. Du côté des devises, la paire euro/dollar s’inscrivait en baisse de 0,22 % à 1,156 en fin de soirée.

Cette chute vertigineuse a été accélérée par des signaux de resserrement monétaire. Joachim Nagel, président de la Bundesbank allemande, a indiqué lors d’un entretien à Bloomberg qu’une hausse des taux d’intérêt serait probable si le conflit avec l’Iran continuait de détériorer les perspectives d’inflation. Il a précisé qu’une politique monétaire plus restrictive pourrait s’imposer face à une hausse durable des anticipations d’inflation à moyen terme. Conséquence directe sur les marchés : la probabilité d’une hausse des taux par la Banque centrale européenne (BCE) dès le mois d’avril a franchi la barre des 50 %. La BCE et la Banque d’Angleterre, qui ont maintenu leurs taux inchangés cette semaine, considèrent désormais l’escalade au Moyen-Orient comme la principale source d’incertitude économique.

Sur le marché obligataire, les rendements ont atteint des sommets historiques en réponse aux dommages causés aux infrastructures énergétiques. Les obligations d’État allemandes à 10 ans ont grimpé à 3,03 %, un niveau inédit depuis 2011. Au Royaume-Uni, les rendements à 10 ans ont touché 4,995 %, un record depuis la crise financière de 2008.

Les matières premières subissent également de fortes secousses. L’or a enregistré sa pire performance hebdomadaire depuis mars 2020, perdant plus de 11 % sur la semaine pour retomber sous la barre des 4 500 dollars l’once, pénalisé par le recul des espoirs de baisse des taux.

Sur le front de l’énergie, le baril de Brent a connu une séance volatile. Après avoir culminé à 119 dollars en début de semaine, il s’est échangé autour de 112 dollars, tandis que le brut léger américain (WTI) se négociait près de 99 dollars. Cette relative stabilisation fait suite aux initiatives des pays européens et du Japon pour sécuriser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique fermé par Téhéran depuis le début du mois de mars.

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