Guerre d’Israël au Liban et en Iran : l’Espagne dénonce un scénario « bien pire » que cette invasion historique.

Face à l’intensification des opérations militaires israéliennes au Moyen-Orient, le chef du gouvernement espagnol a pris la parole ce mercredi devant la chambre basse de son Parlement. Pedro Sanchez a fermement condamné les offensives en cours, alertant sur les conséquences d’une escalade impliquant de multiples acteurs régionaux.

Lors de son allocution, le Premier ministre a affirmé qu’Israël cherche à infliger au Liban un niveau de destruction équivalent à celui observé dans la bande de Gaza. Cette déclaration intervient alors que l’armée israélienne poursuit ses attaques chez son voisin du nord, avec des plans visant à occuper le sud du territoire jusqu’à 30 kilomètres à l’intérieur des frontières.

Abordant la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Pedro Sanchez a dressé un parallèle direct avec l’invasion de l’Irak en 2003. Il a qualifié la situation actuelle de scénario « bien pire », doté d’un impact potentiel beaucoup plus large et profond. Dans le même temps, il a décrit le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, comme un tyran dictatorial et sanguinaire, adoptant une ligne encore plus dure que celle de son père.

L’Espagne se positionne comme l’une des rares nations européennes à condamner systématiquement les actions israéliennes, qualifiant l’attaque contre l’Iran d’injustifiable. En octobre dernier, le Parlement espagnol a inscrit dans la loi un embargo total sur les armes à destination d’Israël. Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement a également décidé de retirer son ambassadeur en Israël en raison des tensions diplomatiques croissantes.

Les préparatifs israéliens au Liban suscitent d’autres réactions internationales. Le Canada a exigé le respect de la souveraineté libanaise, tandis que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a mis en garde contre les effets désastreux d’une occupation sur les civils. Du côté israélien, le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré que l’armée suivait au Liban le modèle de Rafah et Beit Hanoun, deux villes de Gaza détruites. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a pour sa part appelé à l’annexion officielle du sud du Liban pour modifier les frontières d’Israël.

Concernant le bilan humain, la chaîne Al Jazeera indique que plus de 72 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023. Malgré un cessez-le-feu négocié par Donald Trump en vigueur depuis octobre 2025, plus de 800 Palestiniens ont perdu la vie lors de violations quasi quotidiennes de cette trêve. Par ailleurs, les principaux experts mondiaux et une commission d’enquête des Nations Unies ont formellement conclu que la guerre menée par Israël à Gaza répond à la définition juridique du génocide.

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