La coordination entre les alliés occidentaux dans le cadre du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran s’accompagne de tensions diplomatiques palpables. Alors que le blocage du détroit d’Hormuz par Téhéran provoque une crise énergétique mondiale majeure, les pressions exercées par Washington sur ses partenaires de l’OTAN prennent des formes inhabituelles sur la scène publique.
Le président américain Donald Trump a partagé sur son réseau Truth Social un extrait vidéo parodiant le Premier ministre britannique Keir Starmer. Selon la chaîne Al Jazeera, cette publication est intervenue le soir même où les deux dirigeants s’entretenaient par téléphone au sujet des opérations militaires en cours contre l’Iran.
La séquence partagée par le dirigeant américain est tirée de la nouvelle version britannique de l’émission satirique Saturday Night Live (SNL). Elle met en scène un Keir Starmer paniqué à l’idée de répondre à un appel de Donald Trump. Dans ce sketch, le faux Premier ministre britannique raccroche précipitamment, tandis que son vice-Premier ministre fictif lui conseille d’avouer qu’ils ne peuvent plus envoyer de navires dans le détroit d’Hormuz.
Cette publication illustre l’agacement persistant de l’administration américaine face à la position initiale de ses alliés. Le détroit d’Hormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est de facto bloqué par l’Iran depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes le 28 février. Face à cette situation qui a engendré la plus grave crise énergétique depuis les années 1970, le président américain a récemment qualifié de « lâches » les pays de l’OTAN refusant de participer aux manœuvres de déblocage. Dimanche dernier, il a d’ailleurs menacé de détruire les centrales électriques iraniennes si la voie maritime n’était pas rouverte sous 48 heures.
Malgré cette pique publique, l’échange téléphonique entre les deux dirigeants a bien eu lieu. Les services du Premier ministre britannique ont indiqué que la discussion s’est concentrée sur la nécessité de rouvrir le détroit d’Hormuz pour assurer la stabilité du marché énergétique mondial. Keir Starmer a souligné que toute tentative de réouverture nécessitait une planification minutieuse, sa priorité restant la protection des intérêts britanniques et la désescalade.
La position de Londres a toutefois évolué ces derniers jours. Après avoir initialement refusé que les avions de combat américains utilisent les bases britanniques pour frapper l’Iran — s’attirant les critiques de Donald Trump qui avait affirmé ne pas avoir affaire à « Winston Churchill » —, le gouvernement britannique a finalement donné son autorisation. Suite aux frappes iraniennes contre des alliés britanniques au Moyen-Orient, les forces américaines peuvent désormais utiliser les bases de RAF Fairford et de Diego Garcia, située dans l’océan Indien.