Le conflit au Moyen-Orient engendre des répercussions directes sur le quotidien et le sentiment de sécurité en France. Une récente enquête d’opinion met en lumière l’évolution rapide des craintes au sein de la population face à l’escalade des tensions géopolitiques.
Selon les données d’un sondage de l’institut Elabe pour BFMTV, relayées par l’agence Anadolu, 87 % des Français se disent inquiets de la guerre au Moyen-Orient. Parmi eux, 44 % se déclarent « très inquiets ». Cette proportion marque une hausse par rapport au 18 mars 2026, date à laquelle l’inquiétude globale s’établissait à 81 %.
Sur le plan sécuritaire, 82 % des personnes interrogées estiment que la situation actuelle accroît le risque d’attentat sur le territoire français. Cette perception s’inscrit dans un climat de vigilance, marqué par l’interpellation récente d’un individu soupçonné d’avoir voulu déposer un engin explosif artisanal devant une banque américaine à Paris. Plusieurs sites sensibles font l’objet d’une surveillance accrue face à des menaces attribuées à un groupe iranien. D’autres pays européens ont également recensé des attaques contre des synagogues ou des intérêts juifs au cours des dernières semaines.
Les conséquences économiques cristallisent par ailleurs de fortes appréhensions. Plus de huit Français sur dix désignent l’impact sur leur pouvoir d’achat comme leur préoccupation majeure. Cette donnée est corrélée à la flambée des prix à la pompe, consécutive aux perturbations dans le détroit d’Ormuz. Ce corridor maritime stratégique a été fortement impacté par le blocus iranien instauré à la suite des frappes du 28 février.
Conséquence de ces tensions sur le commerce mondial, le prix du gazole en France a atteint un niveau inédit depuis 1985, franchissant en moyenne la barre des 2,18 euros le litre. Face à cette conjoncture, 67 % des sondés jugent « certain » ou « probable » le risque d’une pénurie de carburant dans les mois à venir.
Concernant la perception des opérations militaires, 57 % des Français évaluent négativement l’offensive israélo-américaine contre la République islamique, tandis que 25 % la considèrent comme une « bonne chose ». Les 18 % restants n’ont pas exprimé d’opinion.
Cette enquête a été réalisée en ligne du 31 mars au 1er avril 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.