Face à la multiplication des affrontements au Moyen-Orient, la diplomatie turque intensifie ses manœuvres pour éviter un embrasement total. Alors que les tensions ont franchi un nouveau cap depuis fin février, Ankara tente de maintenir des lignes de communication ouvertes, révélant au passage la logistique de ses tractations en coulisses.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a pris la parole ce vendredi sur la chaîne A Haber. Il a érigé en priorité absolue la fin des hostilités et la prévention d’une instabilité durable dans la région. Pour y parvenir, le chef de la diplomatie a indiqué que des pourparlers étaient en cours, s’appuyant notamment sur le Pakistan comme intermédiaire pour mener des échanges indirects avec l’Iran, tout en maintenant une coordination avec les États-Unis.
La démarche diplomatique se heurte toutefois à d’importants obstacles sur le terrain. Hakan Fidan a souligné que les destructions matérielles enregistrées en Iran ont fait évoluer les positions des différents acteurs, rendant les efforts de médiation plus complexes. Cette situation s’inscrit dans le sillage direct de l’escalade militaire régionale impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, marquée par des frappes répétées et des représailles iraniennes visant plusieurs pays de la région.
Sur le plan politique, la position d’Ankara reste tranchée. Le ministre turc a qualifié la guerre en cours de conflit « initié illégalement par les États-Unis et Israël en violation du droit international ». Il a par ailleurs mis en garde contre un « expansionnisme israélien », désignant la posture d’Israël comme « le principal obstacle à la paix » au stade actuel du conflit.
Malgré ces blocages, notre rédaction note que les initiatives diplomatiques se poursuivent activement. Hakan Fidan a fait état de contacts réguliers avec divers partenaires internationaux et régionaux, évoquant la perspective d’une réunion conjointe qui rassemblerait la Türkiye, le Pakistan, l’Égypte et l’Arabie saoudite pour tenter de structurer une sortie de crise.