Grand-Mbao : Les cimetières ferment leurs portes aux morts non-résidents

Depuis huit mois, les cimetières de Grand-Mbao refusent l’inhumation des défunts issus des autres localités de la commune, provoquant colère et incompréhension. Keur Mbaye Fall et Zac-Mbao sont ainsi exclus de ces cimetières, une décision qui divise profondément la commune de Mbao.

. Pour Ousmane Diop, habitant de Keur Mbaye Fall, cette décision est «une atteinte flagrante à la dignité des défunts». Il raconte avoir été contraint d’enterrer son petit-fils ailleurs, malgré le fait que toutes les localités partagent le même état-civil.

Cheikh Diaw, adjoint au maire, dans L’Obs, qualifie la situation «d’inhumaine» et dénonce le refus d’inhumer la défunte mère d’un voisin, alors que son époux repose déjà dans ce cimetière. Selon lui, «si c’était en dehors de la commune, cela se comprendrait, mais là c’est incompréhensible».

La mairie a tenté de concilier les parties, tandis que la gendarmerie et le préfet ont été saisis, sans résultat concret à ce jour.

La décision reste maintenue par le collectif chargé de la gestion des cimetières. Massamba Seck, membre du collectif et fondateur de l’association Liguéyal Mbao, justifie la mesure par la saturation du site : «Si nous avions laissé continuer, il n’y aurait plus d’espace pour inhumer nos propres morts». Selon lui, seules trois localités sont concernées : Keur Mbaye Fall, Zac-Mbao et Tolu Diaz.

Face à la polémique, des solutions alternatives sont envisagées, comme l’agrandissement des cimetières des naufragés du Joola pour accueillir les défunts de tout le département de Pikine. Cheikh Diaw estime que cette option permettrait de «régler toutes ces frustrations» et de prévenir de nouvelles tensions.

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