La décision de ne pas reconduire Amadou Chérif Diouf au poste de Secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur a provoqué une vague de réactions au sein de la diaspora sénégalaise. De Madrid à New York, en passant par Paris et Milan, de nombreux compatriotes ont exprimé leur incompréhension face à cette mesure, alors que son mandat était largement apprécié.
Comme l’écrit Xalima, l’action de Diouf s’était distinguée par une approche fondée sur l’écoute et la proximité. Ancien émigré lui-même, il avait su instaurer un dialogue constructif avec les communautés sénégalaises à l’étranger, souvent confrontées à des difficultés administratives et au sentiment d’éloignement des centres de décision. Son passage a été marqué par des avancées concrètes, notamment sur la question des passeports pour les Sénégalais résidant en Espagne, un dossier qui avait longtemps alimenté frustrations et inquiétudes.
Parmi ses initiatives phares figuraient les Journées Nationales de la Diaspora, devenues un espace d’échanges privilégié entre les autorités et les Sénégalais de l’extérieur. Ces rencontres avaient permis de mettre en lumière le potentiel de la diaspora et de plaider pour une meilleure intégration de ses préoccupations dans les politiques publiques. Certains participants avaient même suggéré la transformation du Secrétariat d’État en un ministère de plein exercice, soulignant l’importance stratégique de cette communauté pour le développement du pays.
La diaspora sénégalaise, qui contribue de manière significative à l’économie nationale par ses transferts financiers et ses investissements, reste attachée à sa terre natale. Son mécontentement actuel reflète une attente plus large : être pleinement reconnue comme un acteur clé du projet national. Comme le rappelait feu Alioune Badara Cissé, il ne saurait y avoir des « Sénégalais à part entière » et des « Sénégalais entièrement à part ».
Plus récemment, Amadou Chérif Diouf avait également suivi de près le processus exceptionnel de régularisation en Espagne, veillant à ce que les ressortissants sénégalais puissent en bénéficier. Ses services avaient maintenu un dialogue régulier avec les représentants de la communauté pour recenser les difficultés et proposer des solutions adaptées.
Le ministre Cheikh Niang, en charge des Sénégalais de l’Extérieur, avait évoqué en avril dernier une issue proche pour les supporters sénégalais détenus au Maroc, illustrant la continuité des défis diplomatiques liés à la diaspora.
