Les dynamiques diplomatiques se précisent en Afrique de l’Est et du Nord. Mercredi, la capitale égyptienne a abrité une rencontre de haut niveau entre le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et son homologue ougandais, Henry Okello. Si les échanges ont permis de consolider l’axe Le Caire-Kampala sur le plan économique et stratégique, ils ont surtout servi de cadre pour aborder un dossier hydrologique aux répercussions continentales.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la gestion des ressources en eau demeure un pilier central de la politique étrangère de l’Égypte. Lors de cette entrevue, Badr Abdelatty a formellement appelé à un renforcement du consensus entre les États riverains afin de restaurer l’inclusivité de l’Initiative du bassin du Nil. Le chef de la diplomatie égyptienne a insisté sur le rejet des actions unilatérales menées dans le Nil oriental, tout en saluant le rôle de l’Ouganda dans le processus consultatif lié à cette initiative.
Au-delà des enjeux hydrologiques, les deux responsables ont acté la nécessité de densifier leurs relations bilatérales. Cette volonté se traduit par le développement de la coopération dans des secteurs comme les infrastructures, l’énergie et la pharmacie. La création d’un centre médical égyptien à Jinja, en Ouganda, figure parmi les projets envisagés pour matérialiser ce rapprochement sanitaire. Cette dynamique s’accompagne d’une expansion des partenariats éducatifs et culturels, incluant l’octroi de bourses universitaires via l’institution Al-Azhar.
Les discussions se sont également élargies aux crises régionales. Les ministres ont passé en revue les efforts déployés pour apaiser les tensions au Moyen-Orient et mettre fin à la guerre à Gaza. La situation sécuritaire dans la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs, au Soudan, en Somalie et en mer Rouge a aussi été abordée, les deux diplomates réaffirmant leur attachement à la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États africains.
Sur le volet économique, les données officielles citées par Anadolu illustrent le poids de ces partenariats : les investissements égyptiens en Afrique atteignent actuellement 10,2 milliards de dollars, tandis que les capitaux africains injectés en Égypte s’élèvent à 2,8 milliards de dollars.