Au troisième jour du mois de Ramadan, de nouvelles frappes aériennes israéliennes ont coûté la vie à au moins deux Palestiniens dans la bande de Gaza. Ces attaques constituent une nouvelle entorse à l’accord de trêve conclu avec le Hamas il y a plus de quatre mois.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les bombardements survenus samedi ont ciblé le camp de Jabalia, dans le nord de l’enclave, ainsi que la zone de Qizan an-Najjar au sud. L’agence de presse palestinienne Wafa indique que le bilan total des offensives israéliennes depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » s’élève désormais à 614 morts et 1 640 blessés.
L’armée israélienne a justifié l’une de ces frappes via une publication sur le réseau social X. Elle affirme que ses forces ont éliminé un combattant qui aurait franchi la ligne de démarcation dans le nord de Gaza, s’approchant de ses troupes « d’une manière qui posait une menace immédiate ». L’état-major a précisé qu’il continuerait d’agir pour écarter tout danger imminent.
Ces événements interviennent 48 heures après la première réunion du « Board of Peace » initié par le président américain Donald Trump, consacrée à la reconstruction, la sécurité et la gouvernance du territoire dévasté. Lors de cette rencontre, Donald Trump a annoncé que neuf pays ont engagé 7 milliards de dollars pour les efforts de reconstruction, s’ajoutant à une contribution de 10 milliards de dollars des États-Unis. Ce total reste toutefois éloigné des 70 milliards estimés nécessaires.
Le plan prévoit également le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) de 20 000 hommes, fournie par cinq pays, pour remplacer le Hamas sur le plan sécuritaire. Cependant, la question du désarmement du mouvement palestinien bloque le processus. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu exige ce désarmement avant toute reconstruction. La semaine dernière, un proche collaborateur de Benjamin Netanyahu a évoqué un ultimatum de 60 jours accordé au Hamas, une exigence catégoriquement rejetée par le groupe.
Le Hamas maintient qu’il ne rendra pas les armes tant que l’occupation israélienne se poursuivra, soulignant que tout processus politique doit commencer par l’arrêt total des hostilités. Vendredi, le porte-parole du mouvement, Hazem Qassem, s’est dit ouvert à la présence de forces de maintien de la paix agissant comme « zone tampon » entre l’armée israélienne et la population, à condition qu’elles n’interfèrent pas dans les affaires intérieures de Gaza.
Sur le terrain, le scepticisme prédomine au sein de la population face au plan de Donald Trump, qui prévoit un retrait militaire israélien graduel et une gestion quotidienne confiée à un comité technocratique palestinien. Interrogé par Al Jazeera, Awad al-Ghoul, un Palestinien de 70 ans déplacé de Rafah vers az-Zawayda, dresse un constat direct : « Israël tue, bombarde, viole l’accord de cessez-le-feu quotidiennement et élargit la zone tampon sans que personne ne l’arrête. Ce projet est donc un échec dès le départ et sa vision reste floue. »