Gaza : la mort d’une correspondante pousse les autorités à accuser directement quatre pays occidentaux

Le conflit en cours au Proche-Orient continue d’alourdir le bilan humain au sein de la profession médiatique. À la suite d’un récent bombardement ciblant le centre de l’enclave palestinienne, la mort d’une nouvelle professionnelle de l’information a déclenché une série de condamnations impliquant plusieurs capitales étrangères.

La journaliste palestinienne Amal Shamali, correspondante pour Qatar Radio, a perdu la vie lundi lors d’une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Nuseirat, situé dans le centre de Gaza. L’information, relayée par Al Jazeera, a été confirmée par le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS). L’organisation a précisé que la reporter collaborait avec plusieurs médias arabes et locaux, maintenant son activité professionnelle malgré l’intensité des opérations militaires.

En réaction à cette disparition, le bureau des médias du gouvernement de Gaza a publié un communiqué dénonçant une politique de ciblage systématique. Le document officiel va au-delà de la condamnation d’Israël : il tient explicitement l’administration américaine, ainsi que le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, pour « entièrement responsables » de ces actes, appelant la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à exiger des comptes.

Les données documentant les pertes au sein de la presse mettent en évidence une mortalité inédite. Plus de 270 journalistes et professionnels des médias ont été tués dans l’enclave depuis le 7 octobre 2023. Le projet Costs of War de l’Université Brown souligne que ce bilan dépasse le nombre cumulé de journalistes tués lors de la guerre de Sécession américaine, des Première et Seconde Guerres mondiales, de la guerre de Corée, de la guerre du Vietnam, des conflits en ex-Yougoslavie et de la guerre en Afghanistan post-11 septembre.

Le site de suivi Shireen.ps évalue à environ 13 le nombre de journalistes tués chaque mois depuis le début des hostilités. De son côté, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a désigné la Palestine comme le territoire le plus meurtrier pour la profession en 2025. Le Moyen-Orient concentre à lui seul plus de la moitié des décès de professionnels des médias recensés mondialement l’année dernière.

Sur le plan global, le ministère de la Santé de Gaza indique que depuis l’entrée en vigueur en octobre d’un « cessez-le-feu » négocié par les États-Unis et le Qatar, 640 Palestiniens ont été tués. Le bilan total s’établit à au moins 72 123 morts et 171 805 blessés du côté palestinien depuis octobre 2023, tandis que les attaques dirigées par le Hamas le 7 octobre 2023 ont causé la mort d’au moins 1 139 personnes en Israël.

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