Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour consolider la trêve entre Israël et le Hamas, la situation sur le terrain semble échapper à la logique de désescalade prônée par la communauté internationale. En dépit de l’entrée en vigueur de la seconde phase de l’accord négocié par Washington, de nouveaux incidents armés viennent de lourder le bilan humain dans l’enclave palestinienne.
Les armes ne se sont pas tues ce vendredi dans la bande de Gaza. Selon les informations rapportées par notre confrère Al Jazeera, citant des responsables palestiniens et israéliens, des frappes aériennes et des tirs de drones ont causé la mort d’au moins cinq personnes et fait onze blessés. Ces événements surviennent alors que le cessez-le-feu, en place depuis plus de trois mois, est censé avoir atteint une étape cruciale vers la fin définitive des hostilités.
Dans le camp de réfugiés de Maghazi, situé au centre de l’enclave, l’agence de presse palestinienne Wafa rapporte que deux hommes ont perdu la vie, ciblés par une frappe de drone. Plus au sud, dans la ville de Rafah, l’armée israélienne a confirmé avoir mené une opération aérienne. Selon le communiqué militaire, l’aviation a neutralisé trois individus qualifiés de « terroristes » alors qu’ils émergeaient d’une infrastructure souterraine. Les forces israéliennes précisent que les opérations de recherche se poursuivent dans la zone pour localiser d’autres suspects.
La tension est également palpable le long de la côte de Rafah, où des vedettes de la marine israélienne ont ouvert le feu à la mitrailleuse lourde en direction de bateaux de pêche. Si aucune victime n’est à déplorer lors de cet incident maritime spécifique, la situation reste critique pour les civils déplacés.
À l’ouest de Khan Younès, dans la zone d’al-Mawasi, des sources hospitalières (al-Helal et Nasser) ont indiqué à Al Jazeera que six Palestiniens ont été blessés par des tirs d’obus sur une tente abritant des déplacés. L’agence Anadolu précise qu’une femme enceinte figure parmi les victimes de cette attaque.
Ces violences interviennent dans un contexte diplomatique complexe. Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a insisté jeudi sur la nécessité d’une application stricte de l’accord, incluant le retrait total des forces israéliennes. De son côté, l’armée israélienne maintient que ses troupes restent déployées conformément aux termes du cessez-le-feu et continueront d’agir pour éliminer toute « menace immédiate ».
Parallèlement, la question de l’aide humanitaire reste centrale. Les autorités palestiniennes exigent la réouverture immédiate du point de passage de Rafah, vital pour l’acheminement des secours vers les dizaines de milliers de personnes déplacées, dénonçant un blocus qui persiste malgré les engagements de la phase actuelle de l’accord.