Gaza : 14 mois d’attente sous accord d’évacuation, le décès d’un enfant dévoile le bilan des frontières closes

La crise sanitaire qui frappe la bande de Gaza continue de faire des victimes parmi les patients en attente de soins à l’étranger. Dimanche, un enfant palestinien a perdu la vie après des mois de blocage, illustrant les conséquences directes de la fermeture des points de passage et de la dégradation des infrastructures médicales.

Nidal Abu Rabeea, âgé de deux ans selon les médias locaux, souffrait d’une hypertrophie du foie et de fortes fièvres. Sa mère, Iman Hamdouna, a expliqué à la chaîne Al Jazeera que la famille disposait de documents de transfert médical approuvés pour des soins à l’étranger. L’enfant est resté bloqué pendant 14 mois dans l’enclave palestinienne, qui compte 2,3 millions d’habitants majoritairement déplacés. « Israël a fermé les points de passage et tué mon fils », a-t-elle déclaré. Les hôpitaux locaux, confrontés à des pénuries critiques, n’ont pas pu lui fournir l’assistance requise.

Ce cas s’inscrit dans un contexte statistique précis communiqué par les autorités sanitaires locales. Selon Zaher al-Wahidi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, 1 360 patients sont décédés dans l’attente d’une évacuation médicale depuis le 7 mai 2024, date de la fermeture par Israël du point de passage de Rafah.

Lors d’un précédent entretien accordé à Al Jazeera, le porte-parole avait souligné une destruction méthodique du système de santé, articulée autour de cinq défis majeurs : l’absence quasi totale d’évacuations de patients, le manque d’équipements médicaux, la pénurie de médicaments, la destruction des installations et le besoin en personnel soignant. Le ministère recense actuellement 350 000 patients atteints de maladies chroniques. À titre indicatif, le nombre de patients souffrant d’insuffisance rénale est passé de 1 244 avant le début de la guerre en octobre 2023 à 622 aujourd’hui.

Pour la famille de Nidal, l’urgence se porte désormais sur sa petite sœur, née un mois avant son décès. Âgée d’un mois, elle est actuellement hospitalisée à l’hôpital Al-Aqsa, dans le centre de Gaza. Elle détient également des documents de transfert médical pour l’étranger qui restent sans suite. « Elle est malade à l’hôpital Al-Aqsa. Mon fils est mort et j’ai peur de perdre ma fille », a confié Iman Hamdouna.

Les termes de l’accord de « cessez-le-feu » conclu en octobre entre Israël et le Hamas prévoyaient la réouverture du point de passage du sud, à Rafah, pour permettre 50 évacuations médicales par jour. Malgré cet engagement, plus de 600 Palestiniens ont été tués depuis cette période par la poursuite des attaques israéliennes. Concernant les mouvements frontaliers, les données du bureau des médias du gouvernement de Gaza indiquent qu’entre le 2 et le 18 février, 1 148 Palestiniens ont transité par Rafah dans les deux sens, contre les 3 400 prévus par l’accord sur cette période. Dans le détail, 640 personnes ont pu quitter l’enclave, 508 y sont retournées et 26 ont été refoulées lors de leur tentative de sortie.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire