Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et son homologue thaïlandais, Sihasak Phuangketkeow, ont tenu un entretien le 23 février. Cette discussion, qui s’inscrit dans le prolongement d’un premier échange téléphonique fin décembre, a permis d’aborder le renforcement des relations bilatérales en prévision du 170e anniversaire de leurs liens diplomatiques prévu en 2026, ainsi que les grands enjeux de stabilité en Asie du Sud-Est.
Au cœur des échanges figurait l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 décembre 2025 entre la Thaïlande et le Cambodge. Ce texte vise à apaiser les tensions liées à un différend frontalier entre les deux nations. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la diplomatie française a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue politique entre Bangkok et Phnom Penh pour aboutir à une résolution pacifique et durable. Pour faciliter ce processus, Paris a formulé une proposition matérielle : mettre à la disposition des deux pays l’accès aux archives françaises relatives au tracé de la frontière, des documents susceptibles d’éclairer l’origine exacte du litige.
Lors de cet échange, le Quai d’Orsay a également réaffirmé son soutien aux initiatives de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), précisant que la France maintient le contact avec les différentes parties prenantes en toute impartialité.
L’entretien a par ailleurs porté sur la crise en Birmanie. Les deux ministres ont examiné la situation politique consécutive aux élections organisées par la junte militaire entre décembre 2025 et janvier 2026. La France et la Thaïlande ont adopté une position commune en refusant de reconnaître la légitimité de ce scrutin. Les discussions se sont concentrées sur les moyens d’encourager l’arrêt des violences et la restauration d’un dialogue politique inclusif dans ce pays, placé sous le contrôle de l’armée depuis le coup d’État de 2021.