Frappes sur le nucléaire iranien : l’AIEA confirme des dégâts à l’usine de Natanz

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé mardi que le site d’enrichissement nucléaire de Natanz, en Iran, a subi des « dégâts récents ». Cette annonce intervient au quatrième jour d’une offensive militaire d’envergure menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique, ravivant les craintes d’une escalade incontrôlée dans la région.

Dans une brève déclaration, l’agence onusienne a précisé que les dommages se concentrent sur les bâtiments d’entrée de l’usine souterraine d’enrichissement de combustible (FEP). L’AIEA se veut toutefois rassurante, indiquant qu' »aucune conséquence radiologique n’est attendue » et qu’aucun « impact supplémentaire » n’a été détecté sur l’usine elle-même. L’agence rappelle que cette installation stratégique, située près de la ville de Qom, avait déjà été « sévèrement endommagée » lors d’un précédent conflit l’année dernière.

Ce site sensible figurait parmi les cibles attendues de la campagne de bombardements lancée samedi. Selon le Croissant-Rouge iranien, cette offensive a déjà coûté la vie à au moins 787 personnes à travers le pays. En représailles, les forces iraniennes ont mené des attaques dans plusieurs pays du Moyen-Orient, provoquant la mort d’au moins six militaires américains et de onze personnes en Israël.

La situation sur le terrain reste marquée par des déclarations contradictoires. Lundi, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait affirmé suivre le conflit « avec inquiétude » mais n’avoir « aucune indication » de dommages sur les installations nucléaires iraniennes. Une affirmation immédiatement contestée par l’envoyé de Téhéran auprès de l’agence, Reza Najafi. « Une fois de plus, ils ont attaqué hier nos installations nucléaires pacifiques sous garanties », a-t-il lancé depuis Vienne, qualifiant de « grand mensonge » la justification selon laquelle l’Iran chercherait à développer l’arme nucléaire.

Les accusations iraniennes sont désormais corroborées par des preuves indépendantes. L’Institut pour la science et la sécurité internationale, un groupe de réflexion basé aux États-Unis, a analysé des images satellites qui révèlent deux frappes sur les points d’accès de l’usine souterraine de Natanz. David Albright, fondateur de l’institut et ancien inspecteur de l’ONU, a estimé que les bombardements ont eu lieu entre dimanche après-midi et lundi matin, sans pouvoir pour l’heure en attribuer formellement la responsabilité aux États-Unis ou à Israël.

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