Frappes meurtrières et 94 000 déplacés : le verdict de l’Afghanistan sur ses pourparlers avec le Pakistan en Chine

Les tensions militaires entre l’Afghanistan et le Pakistan, marquées par des affrontements meurtriers depuis le mois de février, ont conduit les deux pays à la table des négociations. Alors que les hostilités ont provoqué des déplacements massifs de populations, le ministère afghan des Affaires étrangères a livré sa première évaluation de ces échanges diplomatiques tenus loin de leurs frontières communes.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les autorités afghanes ont officiellement qualifié d’« utiles » les pourparlers de paix avec le Pakistan. Ces discussions, entamées le 1er avril entre des délégations de niveau intermédiaire, se déroulent à Urumqi, dans l’ouest de la Chine, à l’invitation de Pékin. Le ministre afghan des Affaires étrangères par intérim, Amir Khan Muttaqi, a rencontré mardi l’ambassadeur de Chine en Afghanistan pour saluer cette initiative, tout en remerciant l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar et les Émirats arabes unis pour leurs efforts de médiation.

Ce processus de paix intervient dans un climat d’extrême tension. Le Pakistan avait récemment déclaré être en « guerre ouverte » avec son voisin, menant des frappes aériennes jusque dans la capitale afghane. La plus marquante de ces opérations, survenue le 17 mars contre ce que Kaboul décrit comme un centre de traitement de la toxicomanie, a fait plus de 400 morts selon les responsables afghans. Islamabad dément avoir visé des civils, affirmant cibler exclusivement des installations militaires et des groupes armés, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), que le gouvernement pakistanais accuse Kaboul d’héberger.

Les conséquences humanitaires de cette escalade sont lourdes. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Afghanistan indique que le conflit a contraint 94 000 personnes à fuir leurs foyers. Par ailleurs, 100 000 habitants de deux districts frontaliers se retrouvent totalement isolés par les combats.

Malgré la tenue de ces négociations en Chine, les violences ne sont pas totalement suspendues. L’Afghanistan accuse le Pakistan de poursuivre des tirs d’artillerie transfrontaliers pendant les discussions, causant des victimes civiles. De son côté, la diplomatie afghane, par la voix de son porte-parole adjoint Zia Ahmad Takal, a exprimé l’espoir que des « interprétations mineures n’entraveront pas les progrès des négociations ». Ces affrontements récents ont brisé un précédent cessez-le-feu qui avait été négocié par le Qatar au mois d’octobre dernier.

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