L’aviation israélienne a de nouveau ciblé le territoire syrien lors d’une opération nocturne. Face à cette offensive, une coalition diplomatique de cinq nations régionales s’est formée pour dénoncer la justification avancée par Tel-Aviv et alerter sur les conséquences sécuritaires immédiates pour le Moyen-Orient.
Selon l’agence Anadolu, l’armée israélienne a frappé des dépôts d’armes appartenant aux forces syriennes dans le sud du pays. Pour justifier cette opération, Israël a invoqué une riposte à une « agression ayant ciblé des civils druzes à Soueïda ». Un argument immédiatement balayé par Damas, dont le ministère des Affaires étrangères dénonce des « prétextes fallacieux » et des « arguments fabriqués » destinés à poursuivre une politique d’ingérence.
La réaction régionale a été rapide et coordonnée. L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, le Qatar et le Koweït ont publié des communiqués officiels pour condamner fermement ces frappes. Ces capitales dénoncent une violation flagrante de la souveraineté syrienne et du droit international.
Au-delà de la simple réprobation, des exigences précises ont été formulées par ces États. Le Caire a réclamé un retrait « immédiat et total » des forces israéliennes des territoires syriens occupés, avertissant que la poursuite de ces pratiques risque d’entraîner la région vers davantage de chaos. Le Koweït et l’Égypte ont par ailleurs exhorté le Conseil de sécurité des Nations Unies à assumer ses responsabilités pour stopper ces incursions. De leur côté, Riyad et Amman ont rappelé qu’Israël enfreignait directement les obligations fixées par l’accord de désengagement de 1974. Le Qatar a souligné que l’incapacité de la communauté internationale à intervenir contribuait à aggraver la crise.
Ces nouvelles tensions s’inscrivent dans une refonte géopolitique de la zone. Depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024, Israël a étendu sa présence militaire au-delà de la majeure partie du plateau du Golan, occupé depuis 1967, en pénétrant dans la zone tampon syrienne.
Malgré l’instauration en janvier dernier d’un mécanisme de communication sous supervision américaine, censé coordonner l’échange d’informations et réduire les tensions, les opérations israéliennes se maintiennent. Les incursions terrestres, les bombardements d’artillerie et les arrestations se succèdent, limitant la capacité de la Syrie à retrouver une stabilité sécuritaire et entravant ses efforts de relance économique.