Frappes iraniennes en Irak : l’alliance armée sur laquelle Donald Trump mise pour faire tomber Téhéran

Alors que la guerre régionale entre dans son sixième jour avec un bilan dépassant les 1 000 morts, l’armée iranienne a lancé une série d’opérations militaires dans le nord de l’Irak. Ces frappes ciblent des positions spécifiques, au moment où Washington déploie une nouvelle stratégie pour tenter de déstabiliser le gouvernement de Téhéran de l’intérieur.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les forces iraniennes ont visé des groupes kurdes iraniens et irakiens basés dans la région semi-autonome du Kurdistan, en Irak. La télévision d’État iranienne a confirmé jeudi des frappes contre ce qu’elle qualifie de « forces séparatistes anti-iraniennes ». L’agence officielle IRNA a précisé que trois missiles ont touché des quartiers généraux à Souleimaniyeh, succédant à une attaque menée mardi avec une trentaine de drones.

Cette offensive intervient dans un contexte diplomatique et militaire précis. Le président américain Donald Trump a entamé des discussions actives avec plusieurs factions kurdes irakiennes et iraniennes. L’objectif de Washington, selon des responsables américains, est d’encourager un soulèvement populaire pour étirer les forces iraniennes et fragiliser le gouvernement de Téhéran. Une autre hypothèse évoque la création d’une zone tampon terrestre dans le nord de l’Iran pour faciliter d’éventuels mouvements des forces israéliennes depuis l’Irak.

Des contacts directs ont déjà été établis. Le président américain s’est entretenu avec Masoud Barzani, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), et Bafel Talabani, chef de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), qui a confirmé cet échange mercredi. Donald Trump a également échangé avec Mustafa Hijri, à la tête du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI).

Sur le terrain, ces groupes disposent de milliers de combattants. Une semaine avant le début du conflit, plusieurs factions rebelles kurdes iraniennes se sont regroupées au sein de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (CPFIK). Cette alliance a appelé les militaires iraniens à faire défection, signalant une intervention imminente.

Cependant, la position des Kurdes d’Irak reste délicate. Bien qu’ils entretiennent des liens historiques avec les États-Unis, le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) cherche à éviter d’être perçu comme une base arrière contre l’Iran. Mercredi, le président de la région, Nechirvan Barzani, a assuré au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, que son territoire « ne fera pas partie des conflits » visant Téhéran. En 2023, l’Irak s’était engagé, via un accord de sécurité, à désarmer et relocaliser les groupes d’opposition iraniens présents sur son sol.

Interrogé par Al Jazeera, Winthrop Rodgers, chercheur associé au centre de réflexion britannique Chatham House, souligne que si les États-Unis soutiennent ces groupes, ils les traitent comme des « pions sur un échiquier ». L’analyste estime peu probable que l’administration Trump ait pris des engagements fermes quant aux objectifs politiques des Kurdes iraniens, qualifiant le plan américain de stratégie qui « ne semble pas du tout aboutie ».

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