Les tensions s’accentuent entre Washington et Madrid autour de la gestion du conflit au Moyen-Orient. Une récente décision du gouvernement espagnol concernant ses infrastructures stratégiques a provoqué l’ire du président américain, qui envisage désormais des représailles directes.
Selon l’agence Anadolu, Donald Trump a ouvertement menacé mercredi d’interrompre l’ensemble des échanges commerciaux avec l’Espagne. Cette déclaration fait suite au refus de Madrid d’autoriser les États-Unis à utiliser les bases militaires exploitées conjointement sur le sol espagnol, dans le cadre des frappes menées contre l’Iran.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez a justifié cette interdiction en qualifiant la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël de démarche « imprudente et illégale ». Une position qui a suscité une réaction immédiate du côté de la présidence américaine.
S’adressant aux journalistes, Donald Trump a exprimé son mécontentement de manière catégorique. « Je pense qu’ils ne coopèrent pas du tout. L’Espagne. Je pense qu’ils ont été très mauvais, très mauvais, pas bons du tout. Nous pourrions couper le commerce avec l’Espagne », a-t-il affirmé.
Au-delà du dossier iranien, le président américain a élargi ses griefs à l’engagement de Madrid au sein de l’OTAN. Il reproche à l’Espagne de profiter de la protection de l’alliance tout en refusant de s’aligner sur le nouvel objectif de dépenses militaires, désormais fixé à 5 %. Il a notamment déclaré que le pays ne voulait pas « payer sa juste part ».
Malgré l’évocation d’un possible embargo commercial total par Washington, le gouvernement espagnol maintient une posture diplomatique mesurée. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a assuré mardi que les relations bilatérales continuaient de « fonctionner normalement », précisant que les contacts entre les ambassades des deux pays restaient réguliers.