L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a rendu public ce lundi un nouveau rapport documentant les méthodes employées lors des récentes frappes israéliennes dans le sud du Liban. Les conclusions de l’ONG, basées sur des analyses visuelles et de terrain, mettent en lumière des pratiques militaires affectant directement les zones résidentielles.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, l’enquête de HRW apporte la preuve que l’armée israélienne a fait usage de phosphore blanc dans des secteurs peuplés. L’organisation basée à New York a pu confirmer l’authenticité de sept photographies montrant ces munitions explosant en l’air au-dessus de la localité de Yohmor, dans le sud du Liban, lors d’attaques survenues le 3 mars dernier.
L’identification de l’armement repose sur des éléments visuels précis. La forme caractéristique du nuage de fumée correspond aux charges d’expulsion et d’éclatement des projectiles d’artillerie de 155 mm de la série M825, qui contiennent du phosphore blanc. Cette substance chimique a la particularité de s’enflammer au contact de l’oxygène. Les images géolocalisées par HRW, incluant des clichés publiés par la défense civile du Comité islamique de la santé, montrent des équipes éteignant des incendies déclenchés sur les toits d’habitations et dans un véhicule à Yohmor.
Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban au sein de HRW, a souligné la gravité de ces frappes. Il précise que les effets incendiaires de cette substance provoquent des blessures cruelles entraînant des souffrances à vie. L’organisation rappelle que l’utilisation de phosphore blanc à explosion aérienne dans des zones peuplées est considérée comme aveugle et constitue une violation du droit international humanitaire, les précautions nécessaires pour éviter les dommages civils n’étant pas respectées.
Face à ces constats, HRW demande l’arrêt immédiat de cette pratique. L’ONG exhorte également les principaux alliés d’Israël, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, à suspendre leur assistance militaire, à stopper les ventes d’armes et à imposer des sanctions ciblées aux responsables impliqués. L’organisation précise que des tirs similaires avaient déjà été recensés entre octobre 2023 et mai 2024 dans des villages frontaliers.
Ce rapport s’inscrit dans un contexte d’intensification des opérations militaires. L’armée israélienne a émis des ordres de déplacement forcé, portant le nombre de personnes enregistrées comme déplacées à plus d’un demi-million au Liban. Parallèlement, l’agence nationale de presse libanaise a fait état ce lundi d’une série de frappes aériennes visant la banlieue sud de Beyrouth, ciblant notamment les quartiers de Ghobeiry, Haret Hreik et la zone de Safir. Le bilan actuel des attaques israéliennes au Liban s’élève à au moins 394 morts et plus de 1 000 blessés.