Frappes au Moyen-Orient : le premier producteur mondial de gaz invoque la force majeure et gèle ses opérations

L’escalade militaire au Moyen-Orient vient de frapper le cœur de l’approvisionnement énergétique mondial. À la suite de nouvelles frappes de drones, une décision radicale sur la production de gaz naturel liquéfié (GNL) a été prise, provoquant une onde de contraction immédiate sur les marchés européens et asiatiques.

Selon les informations diffusées par Al Jazeera, QatarEnergy a suspendu sa production de GNL lundi. L’entreprise publique qatarie, premier producteur mondial, a été contrainte de déclarer un cas de force majeure, une disposition juridique la libérant de ses obligations contractuelles en cas de circonstances exceptionnelles. Cette mesure fait suite à des attaques de drones iraniens ayant ciblé un réservoir d’eau dans la cité industrielle de Mesaieed et une installation énergétique à Ras Laffan.

Les répercussions de cette suspension se font déjà ressentir en Asie. En Inde, quatrième acheteur mondial de GNL et client majeur d’Abou Dhabi et de Doha, les principales sociétés gazières telles que GAIL et Indian Oil Corp ont réduit leurs fournitures aux industries. Les coupes oscillent entre 10 et 30 %, poussant les importateurs à envisager des appels d’offres au comptant pour combler le déficit, malgré l’envolée des coûts de fret et d’assurance.

L’Europe subit également de plein fouet cette contraction de l’offre, alors que les exportations qataries représentent 20 % du marché mondial. Le contrat néerlandais TTF, référence pour le gaz naturel européen, a bondi de plus de 33 % à l’ouverture des marchés mardi, après avoir déjà enregistré une hausse de près de 40 % la veille.

Ces perturbations interviennent dans un contexte de guerre ouverte entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui déborde désormais sur le détroit d’Ormuz, point de passage névralgique pour l’énergie mondiale. Face à l’embrasement généralisé de la région, qui a d’ailleurs poussé Dakar à mettre en place un dispositif d’alerte pour les ressortissants sénégalais, les tractations diplomatiques publiques sont actuellement inexistantes.

Sur le plan militaire, le président américain Donald Trump a affirmé que Washington disposait de la capacité de prolonger ses opérations bien au-delà du délai initialement projeté de quatre à cinq semaines. De son côté, Téhéran maintient sa stratégie de riposte en ciblant les infrastructures énergétiques critiques et les pays du Golfe abritant des intérêts américains.

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