L’armée israélienne poursuit sa campagne de bombardements intensifs sur le territoire libanais. Mercredi, de nouvelles frappes ont visé le centre de la capitale, Beyrouth, ainsi que la vallée de la Bekaa dans l’est du pays. Ces opérations militaires s’inscrivent dans le cadre d’un conflit régional élargi qui a déjà provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.
L’attaque survenue au cœur de Beyrouth a ciblé un immeuble à plusieurs étages situé dans le secteur d’Aisha Bakkar. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la frappe a détruit un à deux niveaux du bâtiment, déclenchant un important incendie dans au moins deux appartements. Des morts et des blessés ont été signalés et de nombreux résidents ont été évacués vers les hôpitaux de la ville, bien que le bilan humain exact de cette frappe précise reste à confirmer.
Ce raid a été mené sans aucun avertissement préalable dans une zone densément peuplée qui ne constitue pas un bastion du Hezbollah. Le bâtiment touché abritait notamment des familles déplacées ayant fui la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh) à la suite des menaces israéliennes. Ce secteur du centre-ville était jusqu’alors perçu comme une zone refuge par les civils qui s’y abritaient, certains dormant même dans les rues adjacentes.
Au-delà de la capitale, les offensives se sont multipliées à travers le pays. Dans la vallée de la Bekaa, une frappe sur la localité de Zlaya a fait au moins un mort. Le ministère libanais de la Santé publique et l’Agence nationale de l’information (NNA) ont également recensé plusieurs attaques meurtrières dans le sud du pays durant la nuit. À Hanaway, dans le district de Tyr, deux frappes aériennes ont tué trois civils, dont un secouriste. Dans le secteur d’al-Housh, une personne a perdu la vie et huit autres ont été blessées, tandis qu’une attaque au drone a visé un café local. D’autres bombardements ont fait deux morts à Zawtar al-Sharqiyah et quatre blessés à Tibnin, dans le district de Bint Jbeil.
Depuis la reprise des attaques à grande échelle lundi dernier, au moins 570 personnes ont été tuées au Liban. Du côté israélien, le bilan fait état de deux soldats tués en territoire libanais et de plusieurs blessés en Israël suite aux tirs de roquettes du Hezbollah. Cette escalade militaire, qui s’ajoute aux tensions liées à la confrontation entre Israël, les États-Unis et l’Iran, a des conséquences humanitaires massives.
Le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a appelé à une désescalade immédiate. Il a souligné que les ordres de déplacement forcé émis par Israël touchent désormais la quasi-totalité de la population résidant au sud du fleuve Litani, ainsi que de larges parties du gouvernorat de Baalbek, de la Bekaa et de la banlieue sud de Beyrouth. Selon les chiffres du gouvernement libanais, environ 760 000 personnes sont officiellement enregistrées comme déplacées depuis le début des hostilités.