L’armée israélienne intensifie son offensive au Liban, frappant simultanément la capitale Beyrouth et plusieurs localités à l’est et au sud du pays. Alors que les ordres d’évacuation forcée se multiplient pour les civils, une nouvelle exigence militaire provoque l’intervention directe des organisations de défense des droits humains.
Les bombardements ont notamment détruit le Comfort Hotel, situé à la frontière de Hazmieh et Baabda, dans le Grand Beyrouth. Selon les informations d’Al Jazeera, cette attaque s’est déroulée sans le moindre avertissement préalable. La chaîne souligne que ce mode opératoire indique une possible tentative d’assassinat ciblée, bien que l’armée israélienne n’ait pas encore communiqué sur l’identité de la personne ou de l’objectif visé.
Dans l’est du pays, à Baalbek, près de la frontière syrienne, une frappe sur un immeuble résidentiel du quartier d’al-Matraba a fait au moins quatre morts et onze blessés. Des images vérifiées par Al Jazeera montrent les décombres de ce bâtiment à plusieurs étages où s’activent les secouristes. Parallèlement, dans la région du Mont-Liban, les secteurs d’Aramoun et Saadiyat ont été touchés, causant la mort de six personnes et en blessant huit autres. Depuis l’ouverture de ce front, le bilan dépasse les 40 morts au Liban.
Sur le terrain, les déplacements de populations s’accélèrent sous la pression militaire. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a publié une carte désignant des bâtiments en rouge dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, ordonnant aux habitants de fuir ces sites présentés comme liés au Hezbollah. Des avertissements urgents ont également été lancés pour l’évacuation de 29 villes du sud du Liban, s’ajoutant aux 50 localités déjà concernées la veille, dans le cadre de l’établissement d’une zone tampon.
En riposte, le Hezbollah a déclaré avoir tiré des roquettes sur les forces israéliennes à Metulla, dans le nord d’Israël, et mené une attaque de missiles contre la base navale de Haïfa. L’armée israélienne a confirmé avoir identifié plusieurs projectiles en provenance du territoire libanais, précisant que la majorité a été interceptée.
Au-delà de ces affrontements directs, une déclaration spécifique de l’armée israélienne a modifié la dimension du conflit. Les forces israéliennes ont annoncé qu’elles ne toléreraient aucune présence de représentants du régime iranien au Liban, leur accordant un délai strict de 24 heures pour quitter le pays, sous peine de faire l’objet d’attaques.
Cette annonce a entraîné une réponse immédiate de Human Rights Watch. Dans un communiqué officiel, l’organisation a rappelé que les individus ne participant pas directement aux hostilités ne peuvent être pris pour cibles en vertu du droit international. HRW a qualifié la menace visant des responsables gouvernementaux iraniens d’aveu d’intention de commettre un crime de guerre.
La situation globale continue de se détériorer. Selon les observations de la correspondante d’Al Jazeera à Beyrouth, le conflit entre Israël et le Hezbollah entre dans une phase d’escalade caractérisée par l’absence de ligne de front définie et l’inexistence d’efforts diplomatiques de médiation.