Le 28 février dernier, une frappe ciblait l’école primaire Shajarah Tayyebeh en Iran, causant la mort de dizaines de personnes, dont de nombreux enfants. Alors que les responsabilités de ce drame faisaient l’objet de déclarations contradictoires, une enquête préliminaire menée par l’armée américaine vient d’établir les circonstances exactes de l’événement.
Selon les conclusions de cette investigation, rapportées par le New York Times et citant des responsables américains, les forces des États-Unis sont à l’origine de ce bombardement. L’incident s’est produit dans les premières heures de l’offensive déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Le rapport militaire pointe une erreur de ciblage décisive. Des officiers du Commandement central américain (CENTCOM) ont validé les coordonnées de la frappe en s’appuyant sur des données obsolètes fournies par l’Agence du renseignement de la Défense (DIA). Ces documents identifiaient encore le bâtiment scolaire comme une annexe d’une base militaire voisine appartenant aux Gardiens de la révolution islamique (IRGC). Sollicité par l’agence de presse Anadolu, source de ces informations, le Pentagone n’a pas donné suite aux demandes de commentaires.
Ces nouveaux éléments contredisent la version initiale de Donald Trump. Le président américain avait d’abord imputé la responsabilité du drame à Téhéran, attribuant la destruction de l’école à un manque de précision des munitions iraniennes.
Les conclusions de l’armée américaine viennent corroborer de multiples enquêtes indépendantes. Des médias et sites d’investigation tels que CBS, le Wall Street Journal, Bellingcat, The Guardian ou encore la BBC avaient déjà réuni des éléments matériels pointant vers une responsabilité américaine. L’analyse d’images satellites, de vidéos géolocalisées et de la configuration des dégâts suggérait l’emploi d’un missile Tomahawk, une munition pénétrante que seuls les États-Unis possèdent parmi les belligérants de ce conflit.
Les différentes reconstitutions montrent que l’établissement scolaire était directement adjacent au complexe de l’IRGC, les deux sites n’étant séparés que par un mur construit récemment. Face au bilan humain, l’UNESCO a dénoncé une « violation grave » du droit international humanitaire protégeant les écoles et a exigé une enquête complète. À ce stade, aucune des parties engagées dans le conflit n’a officiellement revendiqué l’attaque.