L’armée américaine a annoncé avoir mené une nouvelle attaque contre un navire soupçonné de trafic de drogue dans l’est de l’océan Pacifique. Si les premières communications faisaient état de plusieurs rescapés, une mise à jour des garde-côtes a drastiquement modifié le bilan humain de cette opération, inscrite dans une vaste campagne militaire aux méthodes scrutées.
Selon les informations d’Al Jazeera, le commandement sud des États-Unis (USSOUTHCOM), en charge des activités militaires en Amérique latine, a confirmé avoir ciblé un navire discret naviguant sur des routes maritimes connues pour le trafic de stupéfiants. Dans un premier temps, l’armée avait indiqué vendredi que trois personnes avaient survécu à la frappe. Les garde-côtes américains ont par la suite publié un communiqué rectificatif, précisant que deux des trois occupants ont été retrouvés morts. Une seule personne a pu être secourue vivante.
Une vidéo en noir et blanc (Vidéo) accompagnant l’annonce montre une petite embarcation bombardée et prenant feu. Le survivant ainsi que les dépouilles ont été transférés aux garde-côtes du Costa Rica.
Cette attaque s’inscrit dans le cadre de l’opération « Southern Spear » (Lance du Sud), une campagne létale entamée le 2 septembre 2025. D’après les annonces gouvernementales, ces opérations au large de l’Amérique latine ont déjà causé la mort d’au moins 159 personnes au cours de 46 incidents distincts. L’administration du Président Donald Trump défend ces frappes meurtrières en les présentant comme une mesure de dissuasion indispensable contre le narcotrafic.
Les annonces de survie demeurent exceptionnelles dans le cadre de cette campagne. Avant cet incident, les deux seuls survivants connus avaient été recensés le 16 octobre, plus d’un mois après le début des bombardements. Ces derniers avaient été rapatriés dans leurs pays d’origine, la Colombie et l’Équateur, puis relâchés sans poursuites.
Ces méthodes suscitent de vives réactions. Des experts en droit international dénoncent une série d’exécutions extrajudiciaires et alertent sur de possibles poursuites judiciaires à l’encontre des personnes impliquées. En décembre, l’administration américaine a essuyé de lourdes critiques suite aux révélations concernant la toute première attaque du 2 septembre : deux survivants auraient été tués par une seconde frappe consécutive (« double-tap strike »).
Les élus démocrates exigent la publication des images de cette double frappe montrant les survivants accrochés à des débris, une requête que l’administration refuse de satisfaire pour le moment. Par ailleurs, aucune preuve publique justifiant ces attaques n’a été fournie, et l’identité des personnes tuées n’a pas été communiquée. En Colombie et à Trinité-et-Tobago, plusieurs familles affirment que les victimes étaient de simples pêcheurs ou des travailleurs informels traversant les Caraïbes.