France tient à Nairobi son premier sommet en Afrique anglophone

Emmanuel Macron ouvre lundi à Nairobi un sommet de deux jours où la France cherche à présenter un nouveau modèle de partenariat avec des pays africains, au moment où elle achève son retrait militaire de plusieurs États d’Afrique de l’Ouest.

Le rendez-vous, coorganisé par Paris sous le nom d’Africa Forward Summit, marque un virage affiché vers les pays anglophones du continent. C’est aussi le premier sommet de la France organisé dans un pays africain anglophone.

À son arrivée dimanche, le président français a déclaré que la France pouvait être en désaccord avec des gouvernements ouest-africains, mais « jamais » avec les peuples. Plus de 30 chefs d’État et de gouvernement sont attendus, y compris venus de pays francophones, dans ce sommet où Paris veut défendre ce qu’elle appelle un « partenariat d’égal à égal ».

Cette séquence intervient après des années de critiques visant l’influence économique, politique et militaire longtemps exercée par la France sur ses anciennes colonies, souvent désignée par le terme « Françafrique ». Ce dispositif s’appuyait aussi sur le maintien de milliers de soldats dans la région. Face aux reproches de dirigeants et de partis d’opposition sur une approche jugée humiliante et brutale, la France a été contrainte de retirer la plupart de ces troupes.

Au Kenya, ce repositionnement passe déjà par un accord de défense ratifié le 8 avril, après sa signature le 29 octobre 2025 par la ministre kényane de la Défense Soipan Tuya et l’ambassadeur de France Arnaud Suquet. Le même mois, le Parlement kényan a aussi validé des accords de défense avec la République tchèque, la Chine et l’Italie.

Le texte franco-kényan a toutefois été critiqué par des groupes de la société civile. Il accorde aux forces françaises en visite une compétence prioritaire sur leurs personnels pour les infractions commises en service, un point relevé par Associated Press et jugé sensible au Kenya, où un accord comparable avec le Royaume-Uni a été associé à des affaires difficiles à poursuivre devant les tribunaux locaux.

Un mois avant le sommet, un contingent d’environ 800 soldats français est arrivé au Kenya à bord d’un navire de la marine. Le président de la commission parlementaire de la défense, Nelson Koech, a défendu ces accords en estimant qu’ils offrent des possibilités de formation et de partage du renseignement. Il a aussi assuré qu’ils ne constituaient pas un « abandon de souveraineté », ajoutant que les accords les plus récents garantissent qu’en cas de crimes graves, comme un meurtre, les militaires étrangers seront jugés au Kenya.

La question reste particulièrement sensible dans le pays. Un soldat britannique doit être extradé après que des tribunaux kényans l’ont jugé justiciable dans l’affaire de la mort d’Agnes Wanjiru, vue vivante pour la dernière fois en 2012 en sa compagnie près d’un site d’entraînement de troupes britanniques à Nanyuki, dans le centre du Kenya.

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2 commentaires

  1. La volonté politique de garder l’Afrique sous son influence demeure évidente pour l’Occident.
    La recolonisation semble devenir une option et les conditions pour l’opérer se précisent, le processus s’amorce sans gêne.
    L’occident cherche à empêcher l’intégration africaine. À réduire, à sa plus simple expression, l’Union Africaine. Afin qu’aucun leadership ne puisse prospérer.
    Le contexte actuel exige de la part des dirigeants et peuples africaines, l’observation d’une distance critique par rapport aux instances où elle ne joue aucun rôle significatif pour que nos Etats respectifs s’attèlent à construire des Etats Fédéraux capables, de conduire les ruptures attendues depuis 1960.
    Face à la détermination des peuples à éliminer, sans forme, tous les subterfuges et tous les expédients mis en œuvre pour que l’Architecture de la recolonisation puisse voir le jour l’occident a initier une nouvelle approche.
    Un nouveau schéma qui constitue à s’approcher de nouveaux partenaires, des anciennes gloires, influenceurs et porteurs de voix pour amadouer cette nouvelle Génération consciente.
    Nous devons rester vigilants et montrer aux satellites de l’Occident que leurs concitoyens africains résisteront et lutteront pour que l’Afrique cesse d’être une charogne au service des capitalistes.

  2. MADEMBA
    La volonté politique de garder l’Afrique sous son influence demeure évidente pour l’Occident.
    La recolonisation semble devenir une option et les conditions pour l’opérer se précisent, le processus s’amorce sans gêne.
    L’occident cherche à empêcher l’intégration africaine. À réduire, à sa plus simple expression, l’Union Africaine. Afin qu’aucun leadership ne puisse prospérer.
    Le contexte actuel exige de la part des dirigeants et peuples africaines, l’observation d’une distance critique par rapport aux instances où elle ne joue aucun rôle significatif pour que nos Etats respectifs s’attèlent à construire des Etats Fédéraux capables, de conduire les ruptures attendues depuis 1960.
    Face à la détermination des peuples à éliminer, sans forme, tous les subterfuges et tous les expédients mis en œuvre pour que l’Architecture de la recolonisation puisse voir le jour l’occident a initier une nouvelle approche.
    Un nouveau schéma qui constitue à s’approcher de nouveaux partenaires, des anciennes gloires, influenceurs et porteurs de voix pour amadouer cette nouvelle Génération consciente.
    Nous devons rester vigilants et montrer aux satellites de l’Occident que leurs concitoyens africains résisteront et lutteront pour que l’Afrique cesse d’être une charogne au service d

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