France-ONU : Jean-Noël Barrot réclame le départ d’une experte après avoir nuancé son accusation initiale

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a maintenu sa pression sur une experte indépendante des Nations unies. Lors d’une intervention médiatique, le chef de la diplomatie a exigé son départ, tout en apportant une précision sur la nature exacte des propos qui lui étaient initialement reprochés.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Jean-Noël Barrot a réaffirmé ce dimanche, sur les ondes de France Inter, son appel à la démission de Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Interpellé sur ses précédentes déclarations à l’Assemblée nationale, le ministre a reconnu qu’il n’avait pas affirmé que Mme Albanese avait, « texto », qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité », évoquant des propos ayant fait l’objet d’« interprétations ».

Malgré cette mise au point, le chef de la diplomatie française a maintenu ses critiques. Il estime que les prises de position de la rapporteure s’inscrivent dans « une longue liste de provocations inacceptables », l’accusant notamment de relativiser les attaques du 7 octobre. Il a souligné que « dans l’ambiguïté, dans l’absence de clarté, se propagent les discours de haine, en particulier antisémites ». Dans le même temps, il a réitéré sa condamnation des discours de haine, qu’ils proviennent d’extrémistes israéliens niant les droits des Palestiniens ou du Hamas.

Francesca Albanese, spécialiste du droit international, occupe ce poste non salarié depuis 2022. Les rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’homme de l’ONU étant nommés pour trois ans et irrévocables pendant leur mandat, le ministre a regretté le renouvellement de ses fonctions, auquel la France n’était « pas favorable ». Il a déclaré que la succession de ces provocations devrait l’amener « elle-même à avoir la dignité de démissionner », tout en concédant qu’elle avait déjà exprimé son refus de quitter son poste.

Cette sortie médiatique a fait réagir au sein de la classe politique française. Le député Aymeric Caron a publiquement critiqué la position du ministre sur le réseau social X. Le parlementaire a pointé une incohérence dans la démarche du chef de la diplomatie, lui reprochant de réclamer une démission tout en reconnaissant que la phrase incriminée n’avait pas été prononcée, s’interrogeant au passage sur la crédibilité de la diplomatie française.

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