Une récente enquête met en lumière l’aggravation de la précarité étudiante en France. Face à l’explosion des coûts liés à l’hébergement, une part importante des inscrits dans l’enseignement supérieur se retrouve avec un budget résiduel extrêmement limité pour couvrir l’ensemble de ses besoins vitaux.
Selon les données relayées par l’agence Anadolu, l’étude menée en janvier et février auprès de 5 644 personnes par la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE) révèle que près d’un étudiant sur quatre (22,3 %) vit avec moins de 100 euros par mois une fois son loyer acquitté. Plus de la moitié d’entre eux (52,2 %) disposent de moins de 200 euros. Le poids du logement est la principale cause de cette fragilité financière : le loyer moyen atteint 491 euros au niveau national et culmine à 712 euros à Paris, absorbant ainsi environ la moitié du budget mensuel de cette tranche de la population.
Les étudiants boursiers sont encore plus exposés à cette réalité. L’enquête précise que 61 % d’entre eux survivent avec moins de 200 euros après avoir payé leur hébergement, et 5 % entament le mois à découvert ou avec un solde nul. Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, souligne que ces hébergements, en plus d’être onéreux, sont souvent inadaptés. Cette contrainte pécuniaire oblige de nombreux jeunes à sacrifier des postes de dépenses essentiels, notamment l’alimentation et la santé. Pour subvenir à leurs besoins, un étudiant sur deux exerce une activité salariée, un impératif qui entre régulièrement en concurrence directe avec le temps consacré au cursus universitaire.
Les conditions matérielles se dégradent de manière globale. Un tiers des étudiants vit dans des logements insalubres, touchés par des problèmes de moisissures, de dégâts des eaux ou la présence de nuisibles. De plus, quatre étudiants sur dix résident dans des espaces mal isolés et près d’un tiers n’a pas accès à une connexion Internet stable. La FAGE alerte sur les répercussions directes de cette précarité, identifiée comme le premier facteur d’échec académique. Pour inverser la tendance, le syndicat réclame un changement systémique incluant la construction massive de logements sociaux étudiants, le renforcement de l’encadrement des loyers dans le parc privé et une refonte complète du mode de calcul des bourses.