Le géant de l’énergie a pris une décision définitive concernant l’un de ses collaborateurs, par ailleurs diplomate de carrière. Cette mesure fait suite à l’apparition répétée de son nom dans les vastes documents judiciaires américains liés au défunt financier américain.
Selon les dépêches de l’agence Anadolu, le groupe Engie a annoncé ce lundi avoir mis fin aux fonctions de Fabrice Aidan. Ce diplomate français, qui bénéficiait du statut de « secrétaire des affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles », exerçait récemment des activités au sein de l’entreprise. Suspendu de ses activités depuis février dernier, il est désormais formellement écarté, Engie précisant dans une déclaration transmise à la presse que la suspension initiale est désormais « caduque ».
Cette éviction s’inscrit dans le sillage de la déclassification de millions de documents par la justice américaine concernant Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels sur mineures. Les dossiers consultés par la presse française révèlent que le nom de Fabrice Aidan apparaît à plus de 200 reprises dans des échanges avec le financier ou son entourage. Les premières interactions documentées remonteraient à l’année 2010, période durant laquelle le diplomate était détaché par la France auprès des Nations unies.
Des informations publiées par Mediapart et Radio France indiquent qu’il aurait fait bénéficier Jeffrey Epstein d’informations diplomatiques, de services ainsi que de ses réseaux à l’international. Face à ces éléments, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé le mois dernier le lancement d’une enquête administrative et la saisine de la justice française pour signaler ces faits présumés mettant en cause le diplomate.
La simple mention d’un nom dans ces dossiers judiciaires ne constitue toutefois pas en soi la preuve d’un acte répréhensible. En février, l’avocate de Fabrice Aidan, Me Jade Dousselin, a fait savoir que son client contestait l’entièreté des accusations portées à son encontre. La défense a également souligné que le FBI, tout comme la justice française, avaient déjà mené des investigations sur ces éléments par le passé, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée.