En France, les autorités douanières ont mené une série d’opérations inédites sur une période de moins de deux semaines. Ces interventions, concentrées sur une infrastructure maritime stratégique, mettent en lumière les nouvelles routes empruntées par les réseaux criminels internationaux pour faire entrer leurs marchandises sur le continent européen.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, plus de 13 tonnes de cocaïne ont été interceptées au port de Dunkerque. Ce volume constitue un niveau jamais atteint jusqu’ici sur le territoire français, comme l’a annoncé le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel.
Les saisies se sont déroulées en trois étapes distinctes. Le 7 février, une première tonne de stupéfiants a été découverte, conditionnée dans des sacs de sport recouverts de bandes adhésives. Cinq jours plus tard, le 12 février, les douaniers ont mis la main sur huit tonnes supplémentaires, dissimulées derrière des palettes de boissons. Enfin, une dernière interception de 2,8 tonnes a eu lieu le 18 février. L’ensemble de cette cargaison, originaire d’Amérique du Sud, est évalué à 865 millions d’euros.
Frédérique Durand, directrice régionale des douanes, précise que le trafic via les conteneurs est en constante augmentation au port de Dunkerque. Les lignes maritimes directes reliant cette infrastructure à l’Amérique du Sud en font un point d’entrée privilégié pour les organisations criminelles, suscitant l’inquiétude des riverains face à la proximité des routes menant vers la Belgique et les Pays-Bas.
Pour faire face à cette situation, une brigade douanière spécifiquement dédiée à la lutte contre le narcotrafic a été mise en place. Parallèlement, plus de 500 dockers ont suivi une formation axée sur la prévention de la corruption. Frédéric Saliba, journaliste spécialisé et auteur d’ouvrages sur les cartels, souligne que les trafiquants approchent les travailleurs portuaires en leur proposant d’abord de l’argent, avant de recourir aux menaces en cas de refus.
Cette série d’interceptions s’inscrit dans une dynamique de hausse continue des saisies en France. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rappelé que l’année 2025 avait déjà été marquée par un volume record avec 84,3 tonnes de cocaïne interceptées par les autorités.