Le débat sur l’immigration et l’exécution des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) a pris une tournure judiciaire ce week-end dans l’Hexagone. Alors que les chaînes d’information en continu sont régulièrement le théâtre d’échanges vifs sur la sécurité, une intervention télévisée survenue samedi a franchi un cap, provoquant une réaction politique et légale immédiate. Un haut fonctionnaire, conseiller d’État, se retrouve désormais visé par un signalement au parquet après avoir suggéré une méthode d’action particulièrement radicale.
C’est sur le plateau de CNews, lors d’une émission consacrée à l’actualité sécuritaire et aux faits divers survenus récemment à Nice, que la polémique a éclaté. Arno Klarsfeld, conseiller d’État, a exprimé une position tranchée sur la gestion des personnes en situation irrégulière, suscitant l’indignation d’une partie de la classe politique.
Selon les éléments relayés par l’agence Anadolu, M. Klarsfeld a explicitement évoqué la nécessité d’organiser des « grandes rafles un peu partout » pour « se débarrasser des OQTF ». Pour appuyer son propos, le magistrat a pris en exemple la politique migratoire des États-Unis, citant les opérations menées par la police de l’immigration américaine (ICE). Plus loin dans son raisonnement, il a admis que de telles opérations impliqueraient « parfois des injustices », qu’il a toutefois qualifiées d’inévitables « pour le bien de l’État ».
La réaction ne s’est pas fait attendre du côté de La France insoumise (LFI). Le député Thomas Portes a annoncé avoir officiellement saisi la procureure de la République de Paris au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. L’élu estime que ces déclarations pourraient constituer des infractions pénales. En parallèle, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a également été alertée par le parlementaire.
Au-delà de la sphère judiciaire, plusieurs responsables politiques ont dénoncé des propos jugés racistes et incompatibles avec les principes de l’État de droit. L’absence de réaction contradictoire immédiate sur le plateau au moment de la déclaration a également été pointée du doigt par les détracteurs de la chaîne. Pour l’heure, le régulateur de l’audiovisuel n’a pas encore communiqué sur une éventuelle autosaisine concernant cette séquence.