Fonds spéciaux : Hawa Abdoul Ba appelle à « regarder le fond du débat »

Le débat autour des fonds spéciaux et du contrôle des crédits publics se poursuit entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale. Hawa Abdoul Ba alerte sur « une large zone de discrétion » et interpelle le pouvoir.

Dans une déclaration parvenue à Senego, la responsable libérale Hawa Abdoul Ba invite à dépasser le bras de fer institutionnel pour s’intéresser au fond du dossier.

Le sujet intervient après la décision du Conseil constitutionnel du 25 août 2026 déclarant irrecevable la proposition de loi n°36/2026 relative au régime juridique des crédits spéciaux.
La haute juridiction avait notamment estimé que certaines dispositions relevaient de la loi organique relative aux lois de finances ou du pouvoir réglementaire.

Une nouvelle étape a ensuite été franchie avec la proposition de loi organique n°38/2026, visant à modifier la LOLF. Son examen par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire était inscrit à l’agenda de la session extraordinaire du 25 septembre.

Pour Hawa Abdoul Ba, l’enjeu dépasse donc la confrontation entre les deux institutions.

« Depuis vendredi, beaucoup de choses ont été dites sur le bras de fer entre le Gouvernement et l’Assemblée. Mais j’ai voulu prendre un peu de recul sur un point précis : les fonds spéciaux. »

Selon elle, le débat oppose principalement deux approches : d’un côté, le Gouvernement, qui défend le maintien d’une certaine discrétion dans l’utilisation de ces crédits, notamment pour certaines interventions sociales ; de l’autre, les députés, qui souhaitent renforcer leur encadrement et leur contrôle.

La responsable libérale estime que cette question doit être examinée sous l’angle de la transparence dans la gestion des deniers publics.

« Ce qui me dérange dans cette affaire, c’est que le Gouvernement de Diomaye semble vouloir préserver une large zone de discrétion autour des fonds spéciaux, alors que l’Assemblée cherche justement à renforcer leur encadrement et leur contrôle. »

Hawa Abdoul Ba revient également sur les trois amendements présentés par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, lors des travaux en commission, et qui, selon elle, ont été rejetés par les députés.

« Les trois amendements présentés par Me Moussa Sarr et rejetés en commission méritent, à mon sens, d’être regardés de très près. »

Pour elle, l’enjeu est désormais de clarifier les règles applicables aux fonds spéciaux tout en garantissant un niveau de contrôle compatible avec les exigences de transparence de la gestion publique.

« Pour moi, c’est une vraie question de transparence dans la gestion de l’argent public. Et sur ce sujet, je pense que nous devons être particulièrement vigilants. »

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