Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’ébranler les marchés mondiaux de l’énergie. Face à la flambée soudaine des prix du brut, plusieurs économies asiatiques déploient des stratégies d’urgence pour réduire leur consommation de carburant. Ces dispositions rappellent directement les politiques mises en place lors de la pandémie mondiale.
Selon l’agence Anadolu, l’Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, les Philippines et le Pakistan ont commencé à instaurer des politiques de travail à distance et des mesures de conservation strictes. L’objectif est de protéger des économies fragiles face à l’explosion des coûts énergétiques.
En Indonésie, les autorités étudient un modèle de travail hybride couplé à un basculement vers l’enseignement en ligne. Une réduction des déplacements quotidiens pourrait faire chuter l’utilisation de carburant de près de 20 %. Au Vietnam, pays fortement dépendant des importations, le ministère du Commerce a formellement encouragé les entreprises à privilégier le télétravail. Cette directive intervient après une hausse brutale des prix de l’essence et du diesel, provoquant de longues files d’attente dans les stations-service.
Le secteur public thaïlandais fonctionne déjà partiellement à distance, avec des restrictions supplémentaires sur l’utilisation de la climatisation et les déplacements officiels. Aux Philippines, l’administration a instauré des horaires flexibles et une semaine de travail réduite à quatre jours. Mardi, le président Ferdinand Marcos Jr. a officiellement déclaré l’état d’urgence énergétique nationale pour stabiliser l’approvisionnement du pays. Le Pakistan applique les mesures les plus restrictives de la région, combinant télétravail partiel pour les fonctionnaires, réduction des allocations de carburant et fermeture temporaire des écoles.
Notre rédaction rappelle que ces bouleversements économiques découlent directement du conflit en cours au Moyen-Orient. Depuis le 28 février, les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël en Iran ont fait plus de 1 340 morts, dont l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, déclenchant une série de représailles iraniennes. Cette crise sécuritaire majeure a entraîné le blocage quasi total du détroit d’Hormuz depuis début mars. Ce passage stratégique, où transitent environ 20 millions de barils par jour, paralyse une partie du transport mondial de pétrole et maintient les prix à des niveaux critiques.