La décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) de supprimer le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) continue de provoquer des remous au sein des instances techniques du continent. Si l’instance dirigeante justifie cette mesure par des impératifs économiques, les acteurs de terrain y voient une menace directe pour la survie du football local. C’est le cas du sélectionneur des Lions locaux, Serigne Saliou Dia, qui a tenu à exprimer ses vives inquiétudes quant à l’impact sportif de cette annulation définitive.
Dans un entretien relayé par nos confrères de Sud Quotidien, le technicien sénégalais ne cache pas son désarroi face à ce qu’il considère comme une erreur stratégique majeure. Pour Serigne Saliou Dia, l’argument financier avancé par la CAF ne saurait compenser la perte sèche pour les championnats domestiques. Il qualifie cette suppression de « coup fatal » porté aux joueurs évoluant sur le continent, rappelant que la compétition a été conçue dès 2007 pour offrir une vitrine indispensable à ceux qui n’ont pas accès aux projecteurs de la Ligue des champions ou de la Coupe de la Confédération.
Le sélectionneur insiste sur la fonction de tremplin qu’occupait ce tournoi dans l’écosystème du football africain. Il rappelle que des talents aujourd’hui confirmés, à l’image du Sénégalais Lamine Camara ou du Marocain Ayoub El Kaabi, ont vu leur carrière décoller grâce à leurs performances lors du CHAN. Selon lui, la compétition rendait les championnats locaux « plus attractifs » en créant une émulation saine : les joueurs se battaient en club pour décrocher leur place en sélection nationale locale.
Au-delà de la visibilité, c’est la structure même de la détection qui est remise en cause. Serigne Saliou Dia décrit le CHAN comme un « laboratoire » permettant d’intégrer progressivement les meilleurs éléments vers les équipes A. Avec la disparition de cette passerelle, le technicien redoute une conséquence immédiate : l’ouverture encore plus grande des sélections nationales aux joueurs évoluant à l’étranger, au détriment des talents locaux qui perdent là leur unique opportunité de se signaler aux recruteurs internationaux.