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Festivités du 4 avril, champ de course, finances et marchés publics : le mouvement « And Sopi Thiès » exige des explications …

Dans un point de presse tenu ce mercredi 15 avril 2026, le Mouvement And Sopi Thiès, dirigé par Ma Diakhaté Niang, a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion des activités liées à la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance dans la capitale du rail.

Entre critiques de fond, interpellations directes et propositions de réforme, l’organisation se veut à la fois vigie citoyenne et force de proposition.

D’entrée, le mouvement a tenu à rappeler le sens de son engagement, se présentant comme « un mouvement citoyen et politique résolument engagé au service du développement de la ville de Thiès et de l’amélioration continue des conditions de vie de ses populations ».

Dans cette logique, il justifie la tenue de cette rencontre par « un souci constant de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance », autour d’un exercice d’évaluation de l’action des collectivités locales.

Tout en saluant le choix porté par les autorités nationales sur Thiès pour abriter les festivités, le Mouvement And Sopi reconnaît « l’importance stratégique et symbolique » de la ville, ainsi que « les moyens importants mobilisés pour assurer la réussite de la célébration ».

Mais très vite, le ton change. L’organisation annonce vouloir poser « un regard lucide et objectif » sur le déroulement des activités, en s’interrogeant notamment sur « les points forts », « les insuffisances » et « les enseignements » à tirer.

Au cœur de leurs critiques, les responsables dénoncent d’abord « une place excessive accordée au folklore, au détriment des questions essentielles ». Selon eux, l’événement, censé être un moment de communion nationale, n’a pas suffisamment pris en charge « les priorités fondamentales des populations : l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, l’assainissement ou encore l’amélioration du cadre de vie ».

« À Thiès, l’équilibre n’a pas été trouvé. L’essentiel a été relégué au second plan », regrettent-ils. Dans la même veine, le mouvement fustige des « dépenses à caractère prestigieux, mais non essentielles », jugées difficilement justifiables « dans un contexte où les ressources publiques sont limitées et où les besoins des populations sont immenses ». Il évoque des « choix budgétaires qui interrogent, voire qui choquent ».

Autre point de crispation : la faible implication des acteurs locaux. Le Mouvement And Sopi Thiès déplore que « les entreprises thiessoises n’aient pas été suffisamment associées aux prestations liées à l’événement », estimant que cette mise à l’écart « prive l’économie locale d’opportunités » et envoie « un signal négatif aux entrepreneurs ».

Même constat pour les artistes locaux, « marginalisés », alors que l’événement aurait dû constituer « une vitrine pour leur talent ». Sur le terrain de la gouvernance, les critiques se font encore plus incisives. Le mouvement pointe « un manque manifeste de transparence, aussi bien sur les recettes que sur les dépenses effectuées », rappelant que « les populations ont le droit de savoir : quels fonds ont été mobilisés, d’où proviennent-ils, comment ont-ils été utilisés ».

Et de marteler : « la gestion des deniers publics ne peut souffrir d’opacité. La redevabilité est une exigence démocratique ». Dans un registre plus symbolique, And Sopi Thiès s’étonne également que « les filles et fils de Thiès ayant servi la Nation à de hautes fonctions » n’aient pas été honorés, y voyant « un manque de reconnaissance envers ceux qui ont contribué à bâtir le pays ».

Mais c’est surtout la question du financement des travaux du champ de course de Thiès-Est qui cristallise les interrogations. Le mouvement demande « des explications claires, précises et documentées » sur « l’origine des financements, les procédures utilisées et la conformité des dépenses », alors même que le programme censé les prendre en charge « est encore bloqué ».

Au-delà des critiques, le Mouvement And Sopi Thiès insiste sur la dimension constructive de sa démarche. « Ces constats ne sont pas formulés pour critiquer gratuitement. Ils traduisent une exigence : celle d’une gouvernance plus rigoureuse, plus transparente et plus tournée vers les véritables besoins des populations », affirme-t-il.

Dans cette optique, plusieurs pistes sont avancées : recentrage des politiques publiques sur « les priorités essentielles », mise en place d’une « gouvernance budgétaire rigoureuse et transparente » avec « publication des dépenses » et « traçabilité des financements », ou encore utilisation de la commande publique comme levier de développement local en « privilégiant les entreprises thiessoises ».

Le mouvement appelle également à « une véritable valorisation des artistes locaux », au « renforcement des mécanismes de redevabilité » et à « l’institutionnalisation de la reconnaissance des Thiessois ayant servi la Nation ». Dans un ton plus direct, les responsables interpellent les maires, les exhortant à « arrêter l’activisme dont le seul objectif est de se mettre en lumière », à « arrêter de se donner en spectacle » et à mettre fin à « une compétition malsaine » autour d’événements coûteux.

« La fonction d’élu local n’est pas une scène. C’est une responsabilité », lancent-ils. Enfin, And Sopi Thiès formule une série de demandes précises aux autorités locales : un état détaillé de la distribution des aides, des explications sur les critères d’attribution des marchés publics, ainsi qu’un éclairage sur la gestion du foncier et les travaux du champ de course.

« Les Thiessoises et les Thiessois ont droit à la vérité. Ils ont droit à une gestion claire, juste et exemplaire de leurs ressources », conclut le mouvement, qui promet de « rester mobilisé » pour faire respecter ces exigences.

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