L’escalade militaire entre Israël et l’Iran engendre des répercussions directes sur le trafic aérien civil. Alors que l’aéroport de Tel-Aviv est à l’arrêt, les stratégies de contournement mises en place par les compagnies aériennes font face à des obstacles logistiques imprévus, laissant de nombreux voyageurs au sol.
Selon l’agence Anadolu, des centaines de passagers israéliens se sont retrouvés bloqués ce dimanche à l’aéroport international du Roi Hussein à Aqaba, dans le sud de la Jordanie. Cette situation découle de la suspension des vols de la compagnie israélienne Arkia par le royaume jordanien. Des séquences diffusées par la chaîne israélienne Channel 12 ont montré ces voyageurs immobilisés dans l’enceinte de l’aéroport. À ce stade, les autorités jordaniennes n’ont émis aucun commentaire officiel sur cette mesure.
Ce blocage est une conséquence directe de la situation sécuritaire en Israël. Les autorités y ont fermé l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv face aux frappes de missiles et de drones lancées par Téhéran. Ces tirs iraniens interviennent en représailles aux attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février.
Pour pallier cette fermeture, Arkia, la deuxième plus grande compagnie aérienne d’Israël, avait annoncé la semaine dernière son intention de transférer la majeure partie de ses opérations vers des plateformes aéroportuaires en Jordanie et en Égypte. Cependant, la compagnie a indiqué ce dimanche que les autorités jordaniennes empêchaient la mise en œuvre de ce plan, comme le rapporte le quotidien Yedioth Ahronoth. Des responsables de l’aviation israélienne ont précisé au journal que la compagnie serait probablement contrainte d’annuler l’intégralité de ses vols transitant par la Jordanie.
Face à l’impossibilité d’opérer depuis Aqaba, Arkia a publié un communiqué annonçant qu’une partie de ses activités serait redirigée vers l’aéroport de Taba, situé dans le Sinaï égyptien. Ce redéploiement reste toutefois conditionné aux capacités opérationnelles de l’infrastructure et à l’obtention des autorisations nécessaires.
Ces perturbations s’inscrivent dans un contexte de départs importants. Les données israéliennes indiquent que 29 429 personnes ont quitté le pays par voies terrestre, aérienne et maritime avant le 13 mars, suite au déclenchement des hostilités. Depuis la fin février, les frappes de Washington et de Tel-Aviv ont fait plus de 1 340 morts en Iran, incluant l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. En riposte, les attaques iraniennes ciblant Israël, ainsi que des bases américaines situées en Jordanie, en Irak et dans les pays du Golfe, continuent d’affecter le trafic aérien et les marchés mondiaux.