Face aux capacités de renfort de Moscou, la cible mensuelle de neutralisations définie par la présidence ukrainienne

Alors que le conflit s’installe dans la durée et que les lignes de front semblent figées, la stratégie de Kiev évolue vers une approche mathématique de l’usure. Le président Volodymyr Zelensky a présenté aux forces armées une nouvelle doctrine de « létalité » visant à briser la capacité de régénération de l’armée adverse. L’objectif n’est plus seulement territorial, il est désormais chiffré et repose sur un ratio précis destiné à faire basculer le rapport de force à la table des négociations.

Pour la présidence ukrainienne, la victoire passe désormais par une équation simple : le niveau de destruction des forces d’occupation doit impérativement dépasser le rythme des renforts que la Russie est capable d’envoyer chaque mois. S’adressant lundi au personnel militaire, Volodymyr Zelensky a fixé la barre à 50 000 pertes russes mensuelles. Ce chiffre, qualifié de « niveau optimal », englobe à la fois les soldats tués et les blessés graves définitivement hors de combat.

Ce seuil représente une augmentation significative par rapport aux statistiques actuelles. Selon les analyses vidéo mentionnées par le chef de l’État, les pertes russes confirmées s’élevaient à 35 000 en décembre 2025, contre 30 000 en novembre. Le commandant en chef Oleksandr Syrskii avance pour sa part une estimation prudente de plus de 33 000 neutralisations pour le dernier mois de l’année. D’après Al Jazeera, qui rapporte ces propos, Kiev estime avoir tué ou mutilé 1,2 million de Russes depuis le début de l’invasion à grande échelle, des chiffres que le média précise ne pas pouvoir confirmer de manière indépendante.

Pour atteindre cet objectif de 50 000 neutralisations, l’Ukraine mise massivement sur la technologie. Les drones frappent désormais 80 % des cibles sur le champ de bataille, avec près de 820 000 impacts enregistrés l’année dernière. Pour stimuler cette efficacité, un système de points et de récompenses financières a été instauré pour les opérateurs de drones et les troupes au sol, pouvant aller jusqu’à 23 000 dollars pour la capture d’un char de combat. Cette orientation technologique est renforcée par la nomination récente de Mykhailo Fedorov au poste de ministre de la Défense, chargé d’accélérer la production nationale de drones.

Ce durcissement militaire intervient dans un contexte diplomatique bloqué. Les pourparlers menés à Abu Dhabi, malgré les efforts du président américain Donald Trump pour obtenir un cessez-le-feu, ont échoué face au refus de la Russie de compromettre ses exigences territoriales, notamment sur la région de Donetsk. Dans un discours incisif à Davos, Volodymyr Zelensky a par ailleurs fustigé l’attentisme de ses alliés européens, leur reprochant de compter uniquement sur une protection américaine qui, selon lui, n’est pas garantie sans une implication plus directe de l’Europe.

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