Le président chinois Xi Jinping a reçu le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Pékin ce mercredi, dans un climat de fortes tensions internationales marquées par la paralysie du détroit d’Ormuz. Cette rencontre diplomatique a abouti à des engagements bilatéraux spécifiques pour atténuer l’impact des perturbations maritimes.
Les discussions, tenues au Grand Palais du Peuple, ont mis l’accent sur le renforcement de l’axe Pékin-Moscou. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Xi Jinping a plaidé pour une coordination stratégique accrue afin de défendre les intérêts des pays du Sud global. Le chef d’État chinois a qualifié de « précieuse » la stabilité des relations entre les deux pays face à un paysage mondial marqué par le chaos et de profonds bouleversements.
L’élément central de cette entrevue concerne directement la crise d’approvisionnement frappant la Chine. À l’issue de la rencontre, Sergueï Lavrov a annoncé lors d’une conférence de presse que la Russie est en mesure de compenser les pénuries énergétiques chinoises actuelles.
Ces difficultés d’approvisionnement découlent de la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran, intervenue peu après le début de la guerre avec les États-Unis et Israël le 28 février dernier. Cette voie navigable, par laquelle transitaient 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz avant le conflit, est aujourd’hui entravée. La situation s’est intensifiée mardi avec l’annonce par l’armée américaine d’un blocus total des ports iraniens. Cette opération vise à contraindre Téhéran d’accepter les conditions de Washington pour un cessez-le-feu, dans un contexte d’escalade des attaques impliquant les forces américano-israéliennes dans la région.
La visite de Sergueï Lavrov, qui s’était entretenu la veille avec son homologue Wang Yi, s’inscrit dans un programme diplomatique particulièrement dense pour les autorités chinoises. Le président Xi a également rencontré mardi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qu’il a mis en garde contre un monde confronté aux troubles, ainsi que le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohamed ben Zayed Al Nahyane. À ce dernier, Pékin a assuré vouloir jouer un rôle constructif dans les négociations de paix au Moyen-Orient.
Enfin, Xi Jinping a signé mercredi plusieurs accords de coopération avec le nouveau président vietnamien, To Lam. Il s’agit du premier déplacement à l’étranger du dirigeant depuis son élection la semaine dernière, illustrant la volonté d’Hanoï de maintenir un équilibre entre la Chine, son premier fournisseur de matières premières, et les États-Unis, son principal marché d’exportation.