Face à l’Italie, le nouveau positionnement mondial de la Türkiye sur le marché de l’huile d’olive

Alors que le marché mondial de l’olive reste traditionnellement dominé par une poignée de nations méditerranéennes, la hiérarchie établie vient de connaître un bouleversement majeur. Au terme d’une campagne agricole particulièrement fructueuse, la Türkiye a dépassé des concurrents historiques pour s’installer durablement au sommet de la production, confirmant une dynamique de croissance que les experts du secteur qualifient d’extraordinaire.

C’est une transformation structurelle du marché oléicole qui s’opère actuellement en Méditerranée. Selon les données communiquées à Anadolu par Jaime Lillo, Directeur général du Conseil oléicole international (COI), la Türkiye a franchi un cap décisif lors de la campagne 2024-2025, redessinant la carte mondiale des producteurs.

Le pays s’est hissé au rang de deuxième producteur mondial d’huile d’olive, ravissant cette place à l’Italie, juste derrière l’Espagne. Cette performance s’accompagne d’un autre succès sur le segment des olives de table, où la Türkiye est devenue le premier producteur mondial, devançant cette fois l’Égypte.

Une contribution majeure aux exportations mondiales

Cette montée en puissance se traduit par des chiffres significatifs à l’export. Alors que le commerce mondial d’huile d’olive a enregistré une hausse de 25 % sur la dernière campagne, la contribution turque à cette croissance a été prépondérante. Nos sources indiquent que les exportations du pays ont bondi de 132 %, consolidant son statut d’acteur incontournable.

Jaime Lillo souligne que cette progression ne se limite pas à une simple augmentation des volumes. Elle reflète une stratégie de fond, appuyée par des centres de recherche de qualité et une gestion active des ressources génétiques, notamment via la Banque nationale de gènes d’olive située à Izmir.

Le défi climatique en toile de fond

Cette performance intervient dans un contexte environnemental complexe pour le bassin méditerranéen. Le secteur fait face à une crise climatique tangible, marquée par une volatilité accrue des récoltes. Le Directeur général du COI a relevé une situation inédite avec deux campagnes courtes consécutives à l’échelle régionale, un phénomène jamais observé auparavant.

Malgré ces contraintes, la production turque d’huile d’olive a atteint un sommet de 505 000 tonnes lors de la dernière campagne, soit 58 % de plus qu’une année moyenne. Toutefois, les prévisions pour 2025-2026 anticipent une correction naturelle avec une baisse attendue de 43 %, illustrant l’alternance cyclique propre à cette culture.

Une consommation stimulée par les enjeux de santé

L’essor de la production turque répond également à une demande mondiale croissante, accélérée par la pandémie de Covid-19. Cette période a marqué un tournant dans les habitudes de consommation, l’huile d’olive étant de plus en plus plébiscitée pour ses vertus sanitaires sur des marchés non traditionnels comme les États-Unis, le Canada ou l’Asie.

Les données du COI rappellent que ce produit réduit significativement les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète, des arguments qui soutiennent l’expansion du marché au-delà de ses frontières historiques.

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