Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a exprimé sa vive opposition à la révision constitutionnelle et à la gouvernance du régime Pastef, à l’issue d’une réunion de sa Conférence des leaders à Dakar.
La coalition dénonce une « régression démocratique », des atteintes aux libertés et un passage en force à l’Assemblée nationale. Selon le communiqué rapporté par Actusen, le projet de loi, adopté le 29 juin, a été imposé sans consensus, au mépris des droits de l’opposition et des règles parlementaires. La réforme en cours, qui repousse les limites du statut constitutionnel du président, cristallise les inquiétudes quant à une concentration des pouvoirs.
Cette adoption a suscité une large contestation, notamment de la part de la coalition Aar Sunu République, créée le 27 juin pour s’opposer au texte et qui a convoqué la presse dimanche pour dénoncer ce qu’elle considère comme un coup de force.
Le FDR condamne particulièrement l’agression du député Abdou Mbow dans l’hémicycle, suivie de son expulsion par les forces de l’ordre, qu’il qualifie d’atteinte grave à la représentation nationale.
La coalition s’indigne également de la répression des manifestations anti-révision, dénonçant un usage disproportionné des gaz lacrymogènes et des arrestations arbitraires. Ces actes illustrent, selon elle, une « dérive autoritaire » incompatible avec la démocratie. La Jeunesse du FDR a d’ailleurs haussé le ton, appelant à la mobilisation contre cette dérive et le projet de révision constitutionnelle.
Sur le plan économique, le FDR déplore le non-respect des engagements du Pacte national de stabilité sociale, la dégradation du pouvoir d’achat et une réforme du Code du travail menée sans concertation. Il pointe aussi l’échec de la précédente campagne agricole et les retards dans la distribution des semences et engrais, qui menacent la souveraineté alimentaire.
Le Front assure qu’il poursuivra le combat par tous les moyens légaux et appelle les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile, les autorités religieuses et l’ensemble des citoyens à rester mobilisés pour défendre la République et faire obstacle à toute dérive autoritaire.
