L’affaire Moussa Diawara, un ressortissant malien expulsé des États-Unis après 25 ans de présence sur le territoire américain, suscite une vive controverse. Présenté dans un reportage de l’émission « 60 Minutes » de CBS News comme un père de famille séparé de ses proches, il est aujourd’hui accusé par les autorités américaines d’avoir fait de fausses déclarations concernant son orientation sexuelle dans une demande d’asile déposée en 2009.
Diffusé dimanche 25 octobre 2026, le reportage de CBS News retrace le parcours de Moussa Diawara, un Malien arrivé aux États-Unis en 2001. Marié et père de deux enfants, un garçon de 16 ans et une fille de 12 ans, il vivait au Texas avec sa famille avant son arrestation par les services américains de l’immigration (ICE).
Cependant, au lendemain de la diffusion du reportage, Fox News a révélé avoir obtenu une copie de sa demande d’asile datant de 2009. Dans ce document, Moussa Diawara affirmait être homosexuel et craindre pour sa vie en cas de retour au Mali, où il disait avoir été victime de persécutions en raison de son orientation sexuelle.
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Selon les informations publiées par Fox News, le ressortissant malien expliquait avoir subi des menaces et des discriminations dans son pays d’origine. Il soutenait notamment que son orientation sexuelle l’exposait à de graves dangers.
Les autorités américaines dénoncent une possible fraude
Réagissant à ces révélations, l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE) a accusé Moussa Diawara d’avoir invoqué son homosexualité pour tenter d’échapper à une expulsion vers le Mali.
Sur les réseaux sociaux, l’agence a remis en question la crédibilité de sa demande d’asile, estimant que son dossier illustrait les problèmes de fraude auxquels serait confronté le système migratoire américain.
Toutefois, le fait d’être marié à une femme et d’avoir des enfants ne suffit pas, à lui seul, à démontrer qu’une personne a menti sur son orientation sexuelle. À ce stade, les accusations de fraude formulées par les autorités ne constituent pas une preuve de fausse déclaration.
Une expulsion controversée vers l’Afrique
Moussa Diawara, aujourd’hui âgé de 57 ans, avait dépassé la durée autorisée de son visa touristique. En 2012, un juge américain avait néanmoins interdit son expulsion vers le Mali en raison des risques de persécution auxquels il pourrait être exposé.
Arrêté en juillet 2026, il a finalement été expulsé vers le Ghana. Selon son témoignage recueilli par CBS News, les autorités ghanéennes l’auraient ensuite renvoyé au Mali, malgré la décision judiciaire américaine.
L’homme affirme avoir quitté le Mali pour se réfugier dans un autre pays africain, dont il préfère garder l’identité confidentielle pour des raisons de sécurité.
CBS News défend son reportage
De son côté, CBS News a notamment évoqué les craintes de persécution religieuse de Moussa Diawara, qui s’était converti au christianisme.
Un collaborateur de l’émission « 60 Minutes » a également souligné que le reportage faisait état des doutes exprimés par le Département américain de la Sécurité intérieure concernant la crédibilité de son dossier.
Cette affaire relance le débat aux États-Unis sur les demandes d’asile, la vérification des déclarations des migrants et les expulsions vers des pays tiers.
Pendant ce temps, l’épouse et les deux enfants de Moussa Diawara, restés au Texas, espèrent toujours son retour aux États-Unis.



