Le transport maritime dans le détroit d’Ormuz, paralysé depuis le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran à la fin du mois de février, est au centre d’une confusion au plus haut sommet de l’État américain. Alors que la communauté internationale scrute la moindre évolution dans cette zone stratégique pour le commerce mondial, une déclaration officielle concernant la protection des pétroliers a été publiée avant de disparaître subitement.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a affirmé sur les réseaux sociaux que l’armée américaine avait fourni une protection à un navire pétrolier traversant le détroit d’Ormuz. Publié mardi à 1h02 (heure de l’Est), le message soutenait que « la marine américaine a escorté avec succès un pétrolier à travers le détroit d’Ormuz pour s’assurer que le pétrole continue d’affluer vers les marchés mondiaux ». Dans cette même publication, le ministre félicitait le président Donald Trump pour le maintien de la stabilité énergétique mondiale.
Cependant, le message a été supprimé moins d’une demi-heure plus tard, sans aucune explication de la part du département de l’Énergie.
Peu après, la hiérarchie militaire américaine a tenu à clarifier la situation de son côté. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées des États-Unis, a indiqué mardi que l’armée n’avait pas encore entamé d’opérations de protection des pétroliers dans le détroit, contredisant de fait le message initial du ministre. Il a précisé que si l’ordre d’escorter les navires était donné, l’armée examinerait les options disponibles pour mettre en place les conditions militaires nécessaires à une telle mission.
Le libre passage dans cette voie maritime, où transite plus de 20 % du pétrole mondial, est à l’arrêt en raison des craintes de frappes iraniennes. Le 3 mars dernier, Donald Trump avait annoncé que la Société américaine de financement du développement international (DFC) proposerait des garanties et une assurance contre les risques politiques aux navires empruntant le détroit. Le président américain avait également évoqué la possibilité d’un déploiement militaire, affirmant que la marine commencerait à escorter les pétroliers « dès que possible » si la situation l’exigeait.
L’incapacité actuelle à faire transiter le brut par le détroit d’Ormuz a des répercussions directes sur le marché énergétique. L’American Automobile Association (AAA) a relevé mardi que le prix moyen de l’essence aux États-Unis avait atteint 3,54 dollars le gallon, enregistrant une hausse de près de 43 cents par rapport à la semaine précédente.
Ces tensions économiques s’ajoutent à un contexte politique interne difficile pour l’administration en place. Les enquêtes d’opinion montrent une forte opposition à la guerre contre l’Iran. Un sondage de l’Université Quinnipiac publié lundi indique que 53 % des électeurs américains sont opposés à l’action militaire, tandis qu’une enquête Reuters-Ipsos réalisée la semaine dernière fait état d’un taux de désapprobation atteignant 60 %.