Les manifestations étudiantes qui ont secoué les campus américains au début de l’année 2024 connaissent encore des suites judiciaires. Alors que la majorité des personnes interpellées ont recouvré la liberté, l’appareil judiciaire vient de statuer sur le sort de l’ultime manifestante encore maintenue dans un centre de rétention administrative.
Leqaa Kordia, une Palestinienne de 33 ans, a quitté lundi le centre de détention de Prairieland, situé dans l’État du Texas. Son élargissement a été acté suite au paiement d’une caution fixée à 100 000 dollars. Elle était la dernière personne encore détenue par les services d’immigration américains en lien avec les rassemblements propalestiniens organisés à l’université Columbia.
Comme l’indique la chaîne Al Jazeera, cette femme, qui a grandi en Cisjordanie avant de s’installer aux États-Unis en 2016, a passé une année entière sous les verrous. Son dossier indique par ailleurs qu’elle a perdu près de 200 membres de sa famille depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza.
La procédure ayant mené à sa libération a été jalonnée de plusieurs obstacles. À trois reprises, un juge de l’immigration s’était prononcé en faveur de sa remise en liberté sous caution. Les représentants du gouvernement ont fait appel des deux premières ordonnances, avant de finalement renoncer à contester la troisième décision.
Cet aboutissement judiciaire intervient dans un contexte médical devenu critique. Les avocats de la trentenaire ont documenté lors d’une audience une affection neurologique qui s’est aggravée durant son incarcération. Récemment, elle a dû être hospitalisée pendant trois jours après avoir fait un malaise, heurté sa tête et subi des convulsions au sein de l’établissement pénitentiaire géré par le privé.
La juge chargée du dossier, Tara Naslow, a validé les arguments de la défense en soulignant le déséquilibre flagrant des éléments présentés. La magistrate a précisé avoir examiné des milliers de pages de preuves fournies par la défense, face à un dossier gouvernemental jugé très lacunaire. À sa sortie, Leqaa Kordia a exprimé son soulagement de pouvoir retrouver sa famille, tout en affirmant son intention de poursuivre son engagement en faveur des individus toujours incarcérés dans ce centre texan.