États-Unis : la Cour suprême annule ses mesures douanières, Donald Trump riposte avec un décret à portée mondiale

Le président américain Donald Trump a imposé un nouveau tarif douanier mondial de 10 %, quelques heures après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé ses précédentes mesures commerciales. Cette décision rapide, annoncée par décret, provoque une onde de choc chez les partenaires économiques de Washington, contraints de réévaluer leurs accords en cours.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Donald Trump a utilisé sa plateforme Truth Social vendredi pour officialiser cette riposte. Le nouveau prélèvement mondial doit entrer en vigueur « presque immédiatement ». Cette passe d’armes juridique et économique place plusieurs gouvernements dans l’incertitude quant à la légalité des droits de douane antérieurs et l’avenir des réductions tarifaires négociées.

Pour Frank Bowman, professeur émérite à la faculté de droit de l’Université du Missouri interrogé par le média qatari, l’intervention de la Cour suprême relève avant tout du droit constitutionnel. Les juges ont estimé que le président avait outrepassé son autorité, marquant un coup d’arrêt face à ce que le juriste qualifie de défi à l’État de droit.

En Asie, les répercussions se font déjà sentir. La Corée du Sud, deuxième marché d’exportation pour les États-Unis, a annoncé par la voix de la Maison Bleue (présidence) une révision de son accord commercial. Ce texte, signé en novembre dernier, prévoyait d’abaisser les tarifs de 25 à 15 % en échange de 350 milliards de dollars d’investissements sud-coréens. Si les secteurs de la chimie et des semi-conducteurs pourraient bénéficier de la nouvelle taxe limitée à 10 %, les exportations d’automobiles et d’acier restent soumises aux lourdes taxes de la section 232, non concernées par l’arrêt de la Cour.

L’Inde, de son côté, met sur pause un accord-cadre récemment conclu. Ce compromis prévoyait une baisse à 18 % des tarifs américains sur plusieurs exportations indiennes, en contrepartie de l’arrêt des achats de pétrole russe par New Delhi et de 500 milliards de dollars d’importations américaines sur cinq ans. La délégation indienne attend désormais les conclusions définitives de la Cour suprême avant de poursuivre les discussions.

En Chine, la réaction officielle reste mesurée en raison des congés du Nouvel An lunaire. L’ambassade chinoise à Washington a rappelé que les guerres commerciales ne profitent à personne. L’annulation des mesures précédentes pourrait faire chuter le niveau global des tarifs imposés à Pékin de 36 % à environ 21 %, offrant un répit à une économie sous pression. Cette décision intervient alors qu’une visite d’État de Donald Trump est prévue début avril pour rencontrer le président Xi Jinping.

Sur le continent américain, le Canada et le Mexique accueillent la décision judiciaire avec prudence. Dominic LeBlanc, ministre canadien du Commerce, a souligné que les tarifs de la section 232 sur l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre restent en vigueur. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a indiqué que son gouvernement évalue actuellement la portée de l’arrêt. Le Mexique, premier partenaire commercial des États-Unis, parvient pour l’heure à maintenir une position compétitive grâce aux accords régionaux qui le protègent d’une partie de ces mesures réciproques.

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