La tension monte d’un cran au sommet de l’État américain. Le président Donald Trump et son vice-président, JD Vance, ont lancé une offensive verbale particulièrement virulente contre les juges de la Cour suprême et leurs familles. Cette sortie médiatique fait suite à une décision majeure rendue vendredi par la plus haute juridiction du pays.
Au cœur de cette confrontation se trouve l’annulation des tarifs douaniers imposés par la Maison Blanche. Par une majorité de six voix contre trois, la Cour suprême a invalidé cette politique commerciale portée par l’administration américaine.
Lors d’une déclaration à la presse d’une durée de 45 minutes depuis la Maison Blanche, Donald Trump a dirigé ses critiques vers les six magistrats ayant voté contre sa mesure. Il a particulièrement ciblé Neil Gorsuch et Amy Coney Barrett, deux juges qu’il avait lui-même nommés lors de son premier mandat. Le président américain a qualifié leur vote de « honte pour leurs familles », ajoutant être « absolument honteux » qu’ils n’aient pas eu « le courage de faire ce qui est juste pour notre pays ».
L’offensive s’est également portée sur l’intégrité de l’institution. Comme le souligne la chaîne Al Jazeera, Donald Trump a affirmé que la Cour suprême avait été « influencée par des intérêts étrangers », une déclaration formulée sans qu’aucun élément de preuve ne soit présenté.
De son côté, le vice-président JD Vance a relayé ces attaques sur le réseau social X. Il a accusé les magistrats d’« anarchie » (lawlessness), estimant que la Cour a délibérément ignoré la capacité accordée par le Congrès au président de « réguler les importations ».
À l’inverse, le chef de l’exécutif a tenu à saluer les trois juges dissidents, Clarence Thomas, Samuel Alito et Brett Kavanaugh, louant leur « force », leur « sagesse » et leur « amour du pays ». Cette confrontation verbale marque une rare friction avec une Cour suprême composée de six membres nommés par le Parti républicain, une institution qui a jusqu’ici régulièrement statué en faveur des politiques de l’administration Trump.