Le climat sécuritaire se tend aux États-Unis. Jeudi, deux attaques armées distinctes ont visé des lieux civils dans deux États américains. Alors que les autorités fédérales ont rapidement été déployées sur les deux scènes de crime, les premiers éléments de l’enquête révèlent l’identité des assaillants et orientent les investigations vers la piste terroriste.
Ces incidents surviennent dans un contexte de vigilance maximale. Le territoire américain est placé sous haute alerte depuis le début des opérations militaires menées en Iran aux côtés d’Israël, entamées le 28 février dernier.
Dans l’État du Michigan, à West Bloomfield, un individu a percuté avec son véhicule la synagogue Temple Israel, qui abrite également un centre pour jeunes enfants. Le conducteur a ensuite ouvert le feu sur le personnel de sécurité présent sur le site. Le shérif du comté d’Oakland, Mike Bouchard, a indiqué que les gardes ont immédiatement riposté. L’assaillant a par la suite été retrouvé mort, tué par balle, dans son véhicule en flammes.
Si aucun civil ni enfant n’a été blessé lors de cette première attaque, 30 membres des forces de l’ordre ont dû être hospitalisés après avoir inhalé la fumée dégagée par l’incendie de la voiture. Le FBI a identifié le tireur comme étant Ayman Mohamad Ghazali, 41 ans, un citoyen américain naturalisé d’origine libanaise. L’agence fédérale a confirmé diriger l’enquête sur cet événement, qualifié d’acte de violence ciblée contre la communauté juive.
Le même jour, en Virginie, une autre fusillade a éclaté au sein de l’université Old Dominion. Un homme armé a ouvert le feu dans le bâtiment Constant Hall, tuant une personne. Le directeur du FBI, Kash Patel, a précisé que des étudiants sont courageusement intervenus pour maîtriser le tireur, qui a ensuite été retrouvé mort sur les lieux.
L’identité de ce second assaillant a été confirmée par les autorités : il s’agit de Mohamed Bailor Jalloh. Les registres indiquent qu’il est un ancien membre de la Garde nationale de l’armée ayant plaidé coupable en 2016 pour tentative de fourniture de soutien matériel à l’organisation État islamique (EI). Les autorités enquêtent formellement sur cette fusillade en tant qu’acte de terrorisme.
Selon la chaîne Al Jazeera, ces deux événements s’inscrivent dans une hausse documentée des violences communautaires. Depuis octobre 2023, les actes antisémites ont atteint des niveaux records aux États-Unis, avec 9 354 incidents recensés en 2024 par l’Anti-Defamation League. Parallèlement, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) a publié un rapport faisant état de 8 683 plaintes pour discrimination anti-musulmane sur la même période, marquant le volume le plus élevé jamais enregistré par l’organisation.