Une fusillade visant le président américain Donald Trump lors du dîner de la White House Correspondents’ Association, à Washington, relance les interrogations sur la sécurité autour de la Coupe du monde 2026, que les États-Unis coorganiseront avec le Canada et le Mexique. Le tournoi est programmé du 11 au 19 juin 2026, avec une large majorité des rencontres disputées sur le sol américain.
D’après Al Jazeera, les autorités américaines ont indiqué dimanche que l’homme accusé d’avoir tenté de forcer l’accès au dîner visait Donald Trump et des membres de son administration. Le suspect, armé d’un fusil à pompe, d’une arme de poing et de plusieurs couteaux, a foncé sur un point de contrôle du Secret Service à l’hôtel Washington Hilton. Il a réussi à blesser par balle un agent des forces de l’ordre, sans être lui-même touché par des tirs.
Avec 78 des 104 matchs prévus aux États-Unis, le pays devrait accueillir entre cinq et 10 millions de supporters venus du monde entier. Selon le média qatari, plusieurs réactions publiées sur les réseaux sociaux expriment des inquiétudes sur la protection des joueurs, des supporters et du public pendant la compétition. Certains messages mettent aussi en cause les lois américaines sur les armes à feu et appellent à retirer ou annuler les matchs prévus dans le pays.
Le sujet dépasse le seul incident de Washington. En 2026, les États-Unis ont déjà enregistré plus de 126 fusillades de masse, faisant plus de 3.100 morts et 5.300 blessés, selon Gun Violence Archive, un groupe de recherche indépendant cité dans le contenu source. D’autres internautes s’interrogent également sur l’effet d’une éventuelle présence de Donald Trump dans les stades, alors que le président américain entretient une relation étroite avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, et avait assisté au tirage de la Coupe du monde le 5 décembre 2025.
L’analyste en sécurité Massimiliano Montanari, cité par Al Jazeera, estime toutefois que la fusillade n’aura « aucun impact » sur les préparatifs sécuritaires du tournoi. Il affirme que les États-Unis disposent d’une forte expérience en matière de sécurité et de contre-terrorisme, tout en soulignant que les dispositifs sur le terrain devront rester aussi discrets que possible. Il a également déclaré que les grands événements sportifs mondiaux devaient rester des événements sportifs, et non des événements dominés par la sécurité.
Le débat concerne aussi la politique migratoire. En février, le directeur par intérim de l’ICE, Todd Lyons, a confirmé devant une commission de la Chambre des représentants que son agence serait présente lors des événements liés au Mondial. Interrogé sur les craintes des visiteurs étrangers, il n’a pas promis de suspendre les opérations de l’ICE pendant les matchs. La semaine dernière, l’ACLU, Amnesty International et plus de 120 organisations de la société civile ont publié un avis aux voyageurs étrangers souhaitant se rendre aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026, évoquant une dégradation de la situation des droits humains et l’absence, selon elles, de garanties concrètes de la part de la FIFA, des villes hôtes et du gouvernement américain.