Tom Homan, désigné par le président Donald Trump pour superviser la sécurité aux frontières américaines, s’est rendu jeudi dans le Minnesota dans un climat particulièrement lourd. Ce déplacement intervient alors que les opérations des forces de l’ordre fédérales dans cet État du Midwest ont récemment coûté la vie à deux citoyens américains, suscitant l’indignation locale. Alors que les autorités sur place espéraient un apaisement, le représentant de la Maison Blanche a tenu un discours qui tranche avec les attentes de désescalade.
L’arrivée de Tom Homan visait initialement à remplacer Greg Bovino, haut responsable de la patrouille frontalière, au cœur d’une vaste opération de contrôle ayant déclenché de nombreuses manifestations. La situation s’est aggravée ce mois-ci avec la mort de Renee Nicole Good, abattue le 7 janvier par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), suivie la semaine dernière par celle d’Alex Pretti, tué par des agents de la patrouille frontalière.
Malgré ce contexte dramatique, celui que la presse américaine surnomme le « tsar des frontières » a rejeté toute idée de recul. « Je reste jusqu’à ce que le problème disparaisse », a déclaré Tom Homan lors d’une conférence de presse, affirmant que l’administration Trump continuerait de cibler les individus considérés comme des menaces pour la sécurité publique et nationale. Selon Al Jazeera, il a imputé la responsabilité de l’escalade actuelle à l’administration précédente de Joe Biden et aux politiques des élus locaux, estimant qu’une meilleure coopération de leur part réduirait les tensions.
Cette approche sécuritaire suscite de vives inquiétudes au sein des forces de l’ordre locales. Des responsables de la police de l’État et des comtés ont rapporté la semaine dernière que plusieurs de leurs officiers, alors qu’ils n’étaient pas en service, ont été arrêtés aléatoirement pour des contrôles de papiers. Le point commun de toutes les personnes interpellées était leur couleur de peau, soulevant des accusations de profilage racial systémique.
Si Donald Trump avait promis durant sa campagne de ne viser que les « criminels », la réalité du terrain semble s’éloigner de cet engagement. Un porte-parole de la Maison Blanche a précisé peu après l’investiture que toute personne présente sur le territoire sans papiers était désormais considérée comme ayant commis un crime. Tom Homan a d’ailleurs défendu ces méthodes, assurant : « Lorsque nous descendons dans la rue, nous savons exactement qui nous cherchons ».
L’émissaire de Washington a toutefois évoqué des « progrès » à l’issue d’une rencontre avec le procureur général de l’État, Keith Ellison. Ce dernier a clarifié que les prisons de comté pouvaient notifier l’ICE des dates de libération des individus présentant un risque pour la sécurité publique, afin de permettre leur prise en charge par les services fédéraux. Une coordination qui, selon les observateurs, existait déjà largement dans la pratique, le Minnesota ne disposant pas de lois explicites empêchant cette coopération.