Face à la montée des troubles anxieux et dépressifs chez les adolescents, la représentation nationale française s’est saisie de la question de l’exposition aux écrans. Dans un contexte où la régulation des plateformes devient un enjeu mondial, l’Assemblée nationale a posé, ce lundi, les jalons d’un cadre juridique beaucoup plus strict pour l’environnement numérique et scolaire des jeunes.
L’initiative législative, portée par la députée Laure Miller et soutenue par le président du groupe Renaissance Gabriel Attal, part d’un constat sur le bien-être des jeunes générations. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, les députés ont pointé du doigt la corrélation entre l’usage intensif de plateformes comme TikTok et la dégradation de la santé psychologique, citant notamment les risques de harcèlement et d’anxiété. « Le but est de protéger la santé mentale de nos jeunes car l’on se rend compte que les réseaux sociaux façonnent de plus en plus leur esprit », a indiqué la porteuse du texte.
Concrètement, la proposition de loi adoptée en première lecture instaure deux mesures coercitives distinctes. La première vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. La seconde mesure étend la déconnexion à l’espace physique de l’enseignement secondaire, en prévoyant l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les enceintes des lycées.
Cette démarche française ne s’opère pas en vase clos. Elle s’inscrit dans une dynamique internationale plus large, alors que l’Union européenne débat de l’âge minimal numérique et que l’Australie expérimente déjà des restrictions similaires. Si plusieurs associations de parents ont accueilli favorablement ce tour de vis législatif, des voix s’élèvent au sein de l’opposition et chez les experts pour questionner la faisabilité technique du dispositif. La vérification fiable de l’âge des utilisateurs et la protection des données personnelles demeurent des défis majeurs pour l’application effective de ce texte.